Alex Bellefleur – Perspectives de marché | Placements Mackenzie

Opinions de gestionnaires

Alex Bellefleur – Perspectives de marché

Alex Bellefleur, nouvel économiste en chef et stratège au sein de l’équipe des stratégies multi-actifs, discute des occasions et des risques potentiels sur le marché.

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Donc certaines des occasions d’investissement que notre équipe perçoit actuellement sur les marchés sont essentiellement relatives aux bouleversements qu’on vient de percevoir dans les marchés obligataires à travers le monde présentement.

Donc c’est un changement assez significatif par rapport aux dernières années où les marchés anticipaient vraiment une période de taux d’intérêt très faibles pour une très longue période de temps et ce qui s’est produit aux États-Unis dans les derniers mois a un peu bouleversé ces attentes-là. On a vu les taux obligataires augmenter de manière assez significative et non pas pour une hausse des attentes d’inflation mais plutôt une hausse des rendements réels sur les obligations, c’est-à-dire, les rendements au-delà de l’inflation.

Il y a deux raisons pour ça à mon avis. La première c’est la meilleure croissance, une croissance meilleure qu’anticipée aux États-Unis qu’on a perçue cette année mais une deuxième raison également c’est un marché obligataire qui commence à être de plus en plus à l’aise avec l’idée que la Fed va augmenter ses taux d’intérêt à l’avenir.

Notre équipe, l’équipe des stratégies multi-actifs, a été sous-pondérée en obligations depuis octobre 2017 et le demeure à court terme parce que nous croyons que ce mouvement envers des rendements obligataires plus élevés va se poursuivre à court terme.

Ça m’amène vers des marchés de devises où on pence que la Banque centrale européenne peut avoir beaucoup de difficultés à suivre la Fed dans sa normalisation des taux d’intérêt et pour cette raison, de manière tactique encore une fois, notre équipe croit que l’euro va demeurer sous pression par rapport au dollar américain et au dollar canadien également.

Notre équipe identifie, je dirais, trois grandes catégories de risques qui pourraient poser un certain problème pour les marchés d’ici la fin de l’année.

Le premier est plutôt d’ordre politique ou plutôt en ce qui a trait aux politiques publiques, et ici j’identifierais plus particulièrement les politiques commerciales à travers le monde. Donc on a vu une querelle commerciale se développer entre la Chine et les États-Unis récemment, ce qui a contribué à détériorer la relation bilatérale des deux pays plus récemment.

C’est un risque très important parce qu’une querelle commerciale prolongée qui ne se résoudrait pas pourrait avoir un impact assez négatif sur la croissance mondiale mais également faire augmenter les prix et les coûts pour les consommateurs et les entreprises. C’est ce qu’on appelle un peu la staglfation.

Donc c’est très important de s’assurer que ces risques soient dissipés dans la prochains mois parce que ça pourrait avoir un impact plutôt négatif.

Deuxièmement, je dirais qu’il y a un risque, aux États-Unis plus spécifiquement, par rapport à l’absorption des hausses de taux d’intérêt dans l’économie américaine. Donc jusqu’à quel point le secteur privé américain sera-t-il capable d’assumer les hausses de taux d’intérêt qui viennent de se produire aux États-Unis. Il y a certains secteurs dans l’économie américaine qui sont historiquement plus sensibles aux hausses de taux d’intérêt. Est-ce qu’on verra un ralentissement plus accru de ces secteurs dans le prochains mois? C’est un risque qu’il faut surveiller également.

Et finalement, je dirais que la troisième et dernière catégorie de risques que j’aimerais identifier a plutôt à voir avec la zone euro et la dynamique interne de la zone euro, c’est-à-dire, par exemple, les développements qu’on vient de percevoir en Italie récemment; les Italiens ont élu à Rome un gouvernement plutôt populiste et eurosceptique qui cherche certaines querelles avec Bruxelles à propos des règles financières sur le budget. L’Italie a une dette publique très élevée et donc dans ce contexte ça peut un peu déstabiliser les marchés en Europe. Donc il est important de s’assurer que ces risques ne soient pas accrus dans les prochains mois.