Perspectives du 3T 2017 : Titres à revenu fixe | Placements Mackenzie

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Perspectives du 3T 2017 : Titres à revenu fixe

Bien que le trimestre ait été dans l’ensemble positif pour les obligations, les rendements sur 10 ans reculant légèrement dans les marchés développés, la situation a changé du tout au tout au cours des deux dernières semaines de juin. La seconde hausse de 0,25 % opérée par la Fed, bien que prévue, et les déclarations un peu plus agressives de la part de plusieurs banques centrales, ont pris les marchés au dépourvu et déclenché une liquidation prononcée.

Plus particulièrement, la Banque du Canada a soudainement semblé changer d’avis quant aux perspectives à court terme des taux directeurs. Le marché a dû intégrer aux cours la possibilité d’une hausse des taux de la part de la Banque du Canada, suite aux commentaires du gouverneur Poloz et de ses sous-gouverneurs. Par leurs déclarations, ils semblaient indiquer s’attendre davantage à ce que l’inflation augmente au cours des prochaines trimestres, au fur et à mesure que l’écart de production se comblerait. Ceci les a amenés à conclure que les deux réductions des taux en 2015, à titre de couverture contre un ralentissement économique, pourraient ne plus être nécessaires. En conséquence, le rendement des obligations du Canada à deux ans a grimpé de 0,41 % en juin. En raison de cette réaction, la courbe des rendements canadiens reflète plus ou moins deux hausses de 0,25 % jusqu’à la fin de 2017, et vraisemblablement une troisième hausse d’ici la mi-2018.

Du fait que les rendements canadiens ont progressé plus nettement que les rendements américains, le dollar canadien s’est également apprécié par rapport au dollar américain à la fin du trimestre.

La Fed, quant à elle, a augmenté les taux des fonds fédéraux de 0,25 % en juin et communiqué à l’avance quelques détails concernant son plan de réduction du bilan, sans néanmoins se prononcer sur une éventuelle date. Toutes choses égales par ailleurs, les marchés s’attendent à l’heure actuelle à ce que la Fed réduise graduellement sa participation aux obligations du Trésor et aux titres adossés à des créances immobilières, à compter du 4T 2017.

On pourrait croire que la Banque du Canada, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et dans une moindre mesure, la Réserve fédérale américaine, se sont mises d’accord pour adopter simultanément une attitude belliciste. Bien que les marchés des obligations et des devises n’aient pas tardé à réagir, les rendements restent proches des seuils atteints pendant les années de l’après-crise. Même dans le contexte d’un resserrement potentiel de la politique monétaire, les points morts d’inflation et la courbe de rendements ne signalent pas une résurgence de l’inflation. Les taux d’inflation et les anticipations d’inflation restent modérés. Il paraît probable que des tendances à plus long terme (sensibilité des rendements économiques, excédent d’épargne et capacité excédentaire au niveau mondial, tendances passées de la mondialisation et poursuite des innovations technologiques) contribueront à maintenir l’inflation et les rendements à des niveaux relativement bas.

En ce qui concerne plus particulièrement les troisième et quatrième trimestres, certains risques potentiels pourraient retarder, voire mettre fin à un éventuel resserrement de la politique. Les tendances de croissance ne se sont pas révélées solides et des facteurs d’incertitude tels les négociations continues sur le Brexit, le resserrement du crédit en Chine, l’absence de croissance des salaires aux États-Unis et les débats houleux sur la fiscalité qui pourraient entraîner les États-Unis à buter sur le plafond de la dette, demeurent des obstacles à court terme. Jusqu’à présent cette année, les marchés du crédit ont affiché de bons résultats – si bons en fait que les valorisations dans certains segments du marché des obligations à rendement élevé et des marchés émergents semblent trop chères en termes absolus et relatifs. Les risques susmentionnés pourraient influer sur l’appétit pour le risque et réintroduire une certaine volatilité au sein des marchés – élément largement absent depuis le début de l’année.

Dans l’ensemble, nos portefeuilles sont plus diversifiés au niveau des titres qu’ils détiennent, afin d’assurer une meilleure adéquation avec les marchés et les émetteurs d’obligations de société qui continuent à notre avis à offrir une bonne valeur. Nous maintenons notre surpondération en obligations de société, mais ces positions sont aujourd’hui davantage défensives. Bien qu’il soit peu probable qu’un cycle de défaillance se déclenche d’ici la fin de l’année, nous continuerons à mettre notre souplesse et notre rigueur à profit en repositionnant les portefeuilles vers des titres de créance à plus faible bêta lorsque le rapport valorisation/risque n’est plus justifiable.

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