Perspectives du 3T 2017 : Contexte favorable pour les actions grâce à une croissance mondiale stable | Placements Mackenzie

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Perspectives du 3T 2017 : Contexte favorable grâce à une croissance mondiale stable

Le sommet atteint par l’« activité mondiale de reflation » étant de plus en plus chose du passé, l’économie mondiale semble changer de vitesse. L’activité mondiale de reflation fait référence à la position des investisseurs pour une augmentation des actions, des rendements obligataires et du dollar américain en prévision d’une expansion de l’inflation et de la croissance mondiales. Trois piliers ont entraîné la reflation mondiale depuis le milieu de 2016, soit une forte reprise de l’activité manufacturière et des échanges mondiaux, une hausse marquée de la confiance des consommateurs et des entreprises et l’élection surprise de Donald Trump qui a entraîné des attentes élevées de réductions substantielles d’impôt, de hausses des dépenses d’infrastructure et de dérèglementation. Tandis que l’influence de ces trois piliers s’est estompée, l’accélération de la croissance mondiale a ralenti.

L’activité mondiale de reflation a stagné après avoir atteint un sommet en décembre 2016 (graphique 1). Plusieurs facteurs ont joué un rôle. Premièrement, la Chine a resserré ses politiques macroéconomiques en 2017 en réduisant le rythme non durable d’accumulation de dettes après une augmentation de près de 100 % du PIB depuis 2008. Au cours du premier trimestre 2017 seulement, le financement total de la Chine s’établissait à environ mille milliards de dollars américains, soutenant la reprise du commerce mondial et des prix des produits de base. Deuxièmement, le rythme économique aux États-Unis a ralenti au premier trimestre 2017, en raison des faibles dépenses de consommation et du recul des dépenses gouvernementales. Troisièmement, une Maison-Blanche chaotique n’a pas été en mesure de faire progresser le programme du président Trump malgré un Congrès contrôlé par les républicains, ce qui soulève des questions à propos de la taille et de la date possibles des réductions d’impôt.

Graphique 1. L’activité mondiale de reflation a eu des ratés

Les actions ont progressé et les bons du Trésor à 10 ans ont ralenti…

...alors que le dollar américain et les titres de valeur on cédé leurs gains

Sources : Données relatives au marché fournies par Bloomberg, au 27 juin 2017. L’indice du dollar américain est l’indice Bloomberg DXY des principaux taux de change par rapport au dollar américain. les titres de valeur vs de croissance sont calculés en tant que rendement relatif des indices américains MSCI valeur et croissance.

L’économie mondiale devrait passer à une nouvelle étape de croissance stable et constante après une période de reflation rapide qui a débuté au milieu de 2016. Le changement de perspectives économiques diffère selon les régions, avec une croissance plus lente aux États-Unis et des perspectives plus solides dans d’autres régions, dont au Canada :

  • Modération des perspectives pour les États-Unis : Même si le programme de politiques favorables à la croissance du président Trump a initialement augmenté les espoirs d’une forte expansion de l’activité économique, les perspectives de croissance pour 2017-2018 restent stables à environ 2,2 % en raison de la diminution de la possibilité d’importantes réductions d’impôt ou d’une hausse marquée des dépenses d’infrastructure. Le Congrès doit d’abord composer avec un programme législatif chargé et des distractions liées à la possibilité d’interférence électorale par la Russie et d’impropriétés par le président Trump. Le Congrès doit également convenir d’un nouveau plafond de la dette en septembre ou en octobre pour empêcher un arrêt des activités du gouvernement et terminer le travail sur la réforme des soins de santé. Au même moment, la Réserve fédérale anticipe deux nouvelles hausses de taux en 2017 et 2018, ainsi qu’une réduction graduelle de son bilan de 4,5 mille milliards de dollars américains pour réduire son assouplissement quantitatif. Toutefois, nous nous attendons à ce que l’inflation reste inférieure à la cible de la Fed de 2 % en 2017, ce qui entraînerait environ deux hausses d’ici la fin de 2018, et serait à peu près conforme à ce dont tient compte le marché.
  • Résilience dans la zone euro et stabilité au Japon. Contrairement aux États-Unis, l’activité économique dans la zone euro reste nettement supérieure à sa tendance à long terme, car la croissance a atteint 1,9 % au premier trimestre 2017 et pourrait atteindre 2 % pour l’année. La croissance économique a été soutenue par une baisse du risque politique lié aux parties anti-élite, des politiques monétaires toujours souples, une réduction de l’austérité budgétaire et une amélioration du marché de l’emploi. La croissance au Japon de 1 % au premier trimestre 2017 dépasse également sa croissance à long terme d’environ 0,6 %, car des conditions monétaires extrêmement souples et un yen faible ont soutenu les exportations nettes et des dépenses de consommation solides.
  • Reprise au Canada. La reprise cyclique s’est accélérée au premier trimestre après le ralentissement des deux dernières années, ce qui a entraîné un ton plus ferme par la Banque du Canada étant donné l’amélioration des perspectives. La croissance économique a atteint un taux annualisé de 3,7 % au premier trimestre 2017, avec en tête les dépenses de consommation et la construction résidentielle, car les gains dans les prix des maisons ont stimulé les dépenses des ménages. L’ajustement dans les champs de pétrole à des prix structurellement plus faibles pourrait se rapprocher de la fin, car les investissements des entreprises se sont stabilisés après avoir enregistré de fortes baisses en 2016. Les stimulants financiers fédéraux soutiennent aussi un environnement en amélioration stable. Malheureusement, le taux de croissance solide du Canada continue de s’appuyer excessivement sur des sources de vulnérabilité à long terme, dont un marché immobilier surévalué et des ménages surendettés. Le rééquilibrage de la croissance vers des exportations non liées à l’énergie reste difficile.
  • Ralentissement en Chine. L’expansion du crédit robuste en 2016 et au début de 2017 a soutenu une construction immobilière et des dépenses d’infrastructure solides, ce qui a contribué à une croissance rapide de 6,9 % au premier trimestre 2017. Les décideurs œuvrent à refroidir l’économie avec des politiques légèrement plus restrictives, dont des taux d’intérêt en hausse et un ralentissement du rythme d’expansion du crédit. Armés de tampons politiques importants, les dirigeants chinois devraient pouvoir offrir une croissance stable d’environ 6,6 % en 2017, ce qui serait légèrement supérieur à la cible annuelle officielle. Dans ce contexte, le ralentissement de l’activité économique en Chine ne devrait entraîner aucun renversement marqué du commerce mondial.

Une croissance économique stable et de légères pressions inflationnistes offrent un contexte favorable aux actifs à risque. Pour ce qui est des catégories d’actifs, les actions devraient continuer d’offrir un rendement supérieur à celui des obligations gouvernementales. Même si les rendements des actions attendus sont plus faibles dans cette étape du cycle, nous continuons de nous attendre à ce que les actions soient récompensées par rapport aux obligations exemptes de risque. Pour ce qui est des différents marchés boursiers, nous nous attendons à un rendement inférieur des actions américaines, tandis que les investisseurs réévaluent les perspectives relatives liées aux politiques et à la conjoncture, les évaluations de départ généreuses et les attentes élevées que le président Trump offre des politiques favorables à la croissance. En particulier, les marchés émergents et le marché boursier britannique devraient offrir des rendements supérieurs étant donné leurs évaluations relativement attrayantes.

La principale incertitude future reste le ton de plus en plus ferme des principales banques centrales. La Réserve fédérale prévoit deux nouvelles hausses en 2017 et en 2018, malgré une inflation et une croissance des salaires faibles. Toutefois, des hausses de taux continues et l’incertitude entourant la fin de l’assouplissement quantitatif pourraient resserrer les conditions financières plus que souhaité. Mario Draghi a aussi accru l’incertitude à propos d’un resserrement possible par la BCE plus tard cette année en soulignant que les risques reflationnistes ont remplacé les risques déflationnistes dans la zone euro. La Banque d’Angleterre et la Banque du Canada ont aussi surpris les marchés avec des perspectives plus optimistes et fermes à propos des taux. Toutefois, une hausse prématurée des taux d’intérêt réels pourrait ralentir l’expansion mondiale. Pour cette raison, les banques centrales garderont à l’œil les données relatives à l’inflation à venir ce trimestre tout en surveillant les signes d’exubérance excessive dans les marchés des actifs qui pourraient justifier un resserrement des politiques.

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