BILAN DE L’ANNÉE 2018 | Placements Mackenzie

BILAN DE L’ANNÉE 2018

BILAN DE L’ANNÉE 2018

L’année 2018 a été inhabituelle, car pratiquement tous les actifs – des actions, aux obligations en passant par les produits de base – ont enregistré des rendements inférieurs à ceux des espèces libellées en dollars américains. Sur le plan macroéconomique, trois thèmes importants ont façonné les rendements des marchés en 2018, soit 1) un ralentissement de la croissance mondiale; 2) des préoccupations relatives à l’avenir du système commercial mondial; et 3) la normalisation des taux d’intérêt, qui limite les avantages de diversification des actifs à revenu fixe.


Ralentissement de la croissance mondiale

Les attentes des marchés étaient élevées au début de 2018. Un stimulant budgétaire avait été adopté aux États-Unis, avec les baisses d’impôt des sociétés du président Trump qui inspiraient la confiance, et la zone euro se dirigeait vers une expansion économique plus durable. Les marchés émergents commencèrent 2018 dans un optimisme ambient hérité de l’extrapolation de leur solide performance de 2017.

À bien des égards, les marchés ont été déçus. Même si les États-Unis sont bel et bien devenus le principal moteur de la croissance mondiale et que le stimulant financier a contribué à la performance économique relativement solide, les marchés ont affiché plusieurs signes de croissance stagnante. Par exemple, l’indice manufacturier ISM, qui fait le suivi de la croissance dans le secteur de la production de biens, a atteint un sommet vers le milieu de l’année.

Graphique 1 : Croissance du secteur manufacturier américain

Indice manufacturier ISM : composé et sous-indice des nouvelles commandes

Indice de diffusion

Source : Placements Mackenzie (données ISM par Datastream). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Des signes de ralentissement ont aussi été observés dans plusieurs secteurs sensibles aux taux d’intérêt, dont le marché immobilier, où les mesures d’activités ont nettement reculé en raison de taux hypothécaires plus élevés.

L’Europe a beaucoup déçu en 2018, car les attentes consensuelles d’une expansion soutenue ne se sont pas matérialisées. De l’incertitude budgétaire et politique en Italie à la confusion relative aux modalités de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), la croissance économique en Europe a été décevante. La situation a été empirée par les craintes à propos de la croissance mondiale du commerce, l’économie européenne étant en général plus exposée au commerce que celle des États-Unis.

La Chine a aussi été source de préoccupations pour les investisseurs en 2018. L’expérience du pays avec la réduction du risque et de l’endettement du système financier a fortement pesé sur sa croissance et la confiance. Même si les investisseurs comprennent que la croissance de la Chine continue à s’inscrire dans un processus de décélération à long terme, le rythme de décélération en 2018 a été source de préoccupations. Parmi les marchés des devises, le renminbi a été éprouvé par rapport au dollar américain, signalant des pressions de sortie de la Chine en réponse au fléchissement de la croissance.

Préoccupations relatives à la croissance mondiale

Lors de son ascension au pouvoir, le président Trump a cherché à remanier les relations commerciales internationales des États-Unis, car il estime que le pays n’a pas été bien traité par ses partenaires commerciaux, particulièrement la Chine. Même si la dispute commerciale avec le Canada et le Mexique à propos de l’avenir de l’ALENA a été résolue, les tensions entre les États-Unis et la Chine n’ont pas complètement été désamorcées en 2018 et pourraient persister en 2019.

Hausse des taux d’intérêt

Les thèmes macroéconomiques d’un ralentissement de la croissance mondiale et de tensions commerciales soutiennent généralement les obligations gouvernementales des marchés développés, mais cela n’a pas été le cas en 2018, car la corrélation entre les obligations et les actions est passée de négative à positive pendant une grande partie de l’année. La détermination de certaines banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque du Canada, de normaliser les taux d’intérêt explique en partie cette situation. En 2018, les quatre augmentations de la Fed et les trois augmentations de la Banque du Canada ont exercé des pressions à la hausse constantes sur la partie avant des courbes de rendement nord-américaines.

Dans l’ensemble, les mesures d’inflation réalisée et prévue ont augmenté pendant l’année. L’inflation des salaires, par exemple, a commencé à augmenter de manière considérable, en réponse à une forte croissance de l’emploi et au resserrement du marché du travail aux États-Unis. Ces facteurs ont aidé à ancrer les rendements obligataires malgré des risques épisodiques dans les marchés boursiers.

Canada

L’indice composé S&P/TSX a reculé de 8,9 % en fonction du rendement total en 2018. Le dollar canadien a perdu 7,8 % contre son homologue américain. L’exposition à l’énergie a constitué un facteur négatif pour le Canada, car les prix du pétrole brut ont fortement baissé au cours des derniers mois de 2018. L’écart entre le pétrole brut Western Canada Select et le West Texas Intermediate a aussi été négatif pour le pétrole canadien.

Entre-temps, l’obligation du gouvernement du Canada à 10 ans est restée à peu près inchangée pendant l’année, un changement moins prononcé que celui enregistré aux États-Unis. La Banque du Canada a augmenté les taux de 75 points de base pendant l’année, le signal de son approche graduelle de normalisation des taux d’intérêt.

L’économie canadienne a crû en 2018, mais est redescendue à un niveau plus normal (près de 2 % annualisé) après une année 2017 solide. La croissance de l’emploi a ralenti, le taux de chômage ayant atteint des niveaux qui se rapprochent du plein emploi. Les mesures d’inflation de base de la Banque du Canada ont oscillé autour de 2 % pendant la plus grande partie de l’année, ce qui suggère que l’économie a atteint son plein potentiel ou s’en rapproche.

États-Unis

En 2018, les marchés et l’économie des États-Unis ont affiché des résultats supérieurs à ceux des autres pays. L’indice S&P 500 a perdu 4,4 % selon le rendement total, surpassant les marchés européens et asiatiques. Le dollar américain a augmenté de 4,2 % par rapport à un panier de devises des marchés développés, mais de 7,6 % selon la valeur pondérée des échanges commerciaux, ce qui est le reflet d’une meilleure croissance des bénéfices des sociétés américaines et d’une croissance économique aux États-Unis plus résiliente comparativement aux autres économies développées et émergentes.

Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans a augmenté d’environ 28 points de base pendant l’année, en réponse à la croissance économique continue et à l’augmentation des rendements réels en plus des attentes d’inflation. L’augmentation des déficits budgétaires du gouvernement américain et la hausse connexe des émissions d’obligations ont stimulé l’offre d’obligations à un moment où la Fed a permis à certaines obligations d’État qu’elle avait achetées dans le cadre de l’assouplissement quantitatif d’arriver à échéance.

L’économie américaine a fait preuve de résilience face aux tensions commerciales et aux augmentations de taux d’intérêt, et a connu une croissance à des taux annualisés de 4,2 % au deuxième trimestre et de 3,5 % au troisième trimestre de 2018.

Toutefois, vers la fin de l’année, plusieurs signes de ralentissement ont fait leur apparition : les dépenses d’immobilisation des sociétés ont diminué et les secteurs sensibles aux taux d’intérêt comme l’immobilier ont ressenti les effets des hausses de taux. La croissance du secteur manufacturier a atteint un sommet vers le milieu de l’année. La confiance des consommateurs a aussi atteint un sommet pendant l’année.

Europe

L’indice Eurostoxx 50 a reculé de 10,1 % en 2018. L’euro a perdu 4,5 % contre le dollar américain. Plusieurs facteurs ont eu un impact négatif sur les actifs de la zone euro. Plus tôt cette année, les marchés ont reconnu que les attentes de croissance et de bénéfices pour la zone à monnaie unique étaient trop élevées. Les tensions commerciales mondiales ont aggravé le ralentissement préexistant de la croissance de la zone euro.

En mars, les élections générales en Italie ont abouti en un parlement sans majorité et plusieurs semaines de négociation ont été nécessaires pour former un gouvernement. Dans un contexte de croissance en ralentissement, les actifs italiens continuent de subir de la pression et de peser sur les marchés européens.

Royaume-Uni

L’indice FTSE 100 a reculé de 8,8 % en 2018 et la livre sterling a perdu 5,6 % contre le dollar américain. Pendant une grande partie de l’année, l’entente entre le Royaume-Uni et l’UE a fluctué, avec la première ministre britannique Theresa May qui tentait d’apaiser les membres de son caucus du Parti conservateur favorables au Brexit tout en négociant une entente qui satisferait les membres restants de l’UE.

Entre-temps, la Banque d’Angleterre a fait passer son taux directeur de 0,5 % à 0,75 %. De façon semblable à celle de ses partenaires commerciaux européens, l’économie britannique s’est essoufflée en 2018, la croissance du secteur manufacturier reculant régulièrement et le taux de croissance du PIB réel restant léthargique.

Japon

L’indice Nikkei 225 a reculé de 10,4 % et le yen a gagné 2,9 % contre le dollar américain. Malgré sa composition fortement cyclique et axée sur les exportations, le marché boursier japonais a mieux fait que le marché européen, principalement parce que le Japon a évité les incidents de politique qui se sont produits en Europe pendant l’année. Même si le ralentissement du commerce mondial et les difficultés éprouvées par la Chine ont constitué des défis pour le Japon, les bénéfices relativement solides des sociétés japonaises ont apporté une contribution positive au rendement du marché. L’assouplissement monétaire continu par la Banque du Japon, quoique graduellement réduit, a contribué aux conditions financières favorables malgré le ralentissement mondial et les deux trimestres non consécutifs de croissance du PIB négative pour le Japon.

Chine

L’indice composé de Shanghai a reculé de 22,7 % et le yuan a perdu 5,3 % contre le dollar américain en 2018. La détérioration de la relation de la Chine avec les États-Unis a entraîné des résultats décevants pour plusieurs cours d’actifs chinois, y compris ceux des actions des grandes capitalisations. Les sociétés de technologie chinoises, qui en 2017 avaient été les préférées du marché, ont éprouvé de la difficulté en 2018, en raison de la détérioration de la croissance de la Chine et de la hausse des tensions commerciales mondiales.

Entre-temps, la réduction du risque continue dans le système financier chinois et les réformes adoptées pour stabiliser le crédit intérieur de la Chine ont eu un impact négatif sur les investissements en infrastructure, la production industrielle et les ventes de détail. Au troisième trimestre, la croissance du PIB réel chinois a reculé à un taux annualisé de 6,5 %, ce qui est conforme aux cibles du gouvernement, mais constitue le plus faible niveau de la dernière décennie.

Marchés émergents

L’indice MSCI Marchés émergents a reculé de 14,5 % en 2018. Les marchés émergents ont subi une succession de mini-crises en 2018. Plus tôt, les événements en Argentine (techniquement un marché frontière, mais qui attire tout de même les « capitaux fébriles ») ont causé des surprises négatives pour les investisseurs. Même si l’Argentine a connu un des meilleurs rendements en 2017, sa banque centrale a réduit les taux d’intérêt malgré une inflation en hausse, ce qui a érodé la confiance des investisseurs et contribué à la débâcle du peso et des actions locales.

À l’été, l’attention des investisseurs s’est tournée vers la Turquie. Les différends découlant de la détention d’un pasteur américain, les prix du pétrole en hausse, l’accroissement du déficit du compte courant et l’ingérence politique dans la politique monétaire ont créé une situation négative qui a fait dégringoler la lire de 44 % contre le dollar américain de mai à août.

Au quatrième trimestre, l’attention s’est tournée vers le Mexique, car la décision du président entrant d’annuler les plans pour un nouvel aéroport a ébranlé la confiance des investisseurs. Les actions mexicaines se sont effondrées et ont perdu 30 % entre la fin août et la fin novembre.

Dans l’ensemble, le dollar américain solide a été problématique pour les marchés émergents en 2018. Cependant, le sort de la catégorie d’actifs a commencé à changer en octobre, l’indice élargi MSCI Marchés émergents se stabilisant et surclassant légèrement le S&P 500. Les évaluations étant maintenant plus attrayantes, les investisseurs semblent vouloir se tourner de nouveau, quoique de façon graduelle, vers les marchés émergents.

Graphique 2 : Marché immobilier américain : Volume des ventes

Ventes de maisons nouvelles et existantes aux États-Unis. Désaisonnalisées et annualisées.

Ventes de maisons existantes

Source : Placements Mackenzie (données du Census Bureau via Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 3 : Ventes de détail et production industrielle dans la zone euro

Zone euro : variation ventes de détail et production industrielle (hors construction)

% sur 12 mois

Source : Placements Mackenzie (données Eurostat par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 4 : Chine : Dollar US par rapport au renminbi

Renminbi par dollar

%

Source : Placements Mackenzie (données par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 5 : Croissance des volumes de commerce mondial et de production industrielle

Exportations et production industrielle mondiales, croissance sur 12 mois

% sur 12 mois

Source : Placements Mackenzie (données CPB par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 6 : Rendements obligataires américains par rapport aux attentes d’inflation

Rendements des obligations du Trésor à 10 ans par rapport au point mort d’inflation à 10 ans

%

Source : Placements Mackenzie (données par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 7 : Croissance des salaires par rapport à l’inflation de base aux États-Unis

Salaires horaires moyens et inflation de base selon l’IPC aux États-Unis

% sur 12 mois

Source : Mackenzie Investments (data via Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 8 : Canada : Mesures d’inflation

Canada : Indicateurs d’inflation de base et d’inflation globale

% sur 12 mois

Source : Placements Mackenzie (données StatsCan, Banque du Canada par Bloomberg) Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 9 : Confiance des consommateurs américains

Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan

Indice

Source : Placements Mackenzie (données de l’Université du Michigan par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 10 : Production industrielle et croissance du PIB en Italie

Italie : production industrielle et croissance du PIB sur 12 mois

Points de base

Source : Placements Mackenzie (données Istat par Bloomberg). Zones ombragées = récession aux É.-U.

Graphique 11 : Bilan de la Banque du Japon en tant que % du PIB

Actif total de la Banque du Japon en tant que % du PIB

%

Source : Placements Mackenzie (données de la Banque du Japon par Bloomberg) Zones ombragées = récession aux É.-U.

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