Perspectives sur les marchés : Le « mur d’inquiétude » du Canada | Placements Mackenzie

Perspectives sur les marchés : Le « mur d’inquiétude » du Canada

Le « mur d’inquiétude » du Canada


Bien qu’on s’attende à ce que le Canada se classe deuxième parmi les pays du G8 au chapitre de la croissance en 2018, l’économie est confrontée à de nombreux obstacles qui, selon nous, vont ralentir sa croissance future. La croissance du PIB intérieur a été davantage alimentée par le cycle robuste du marché de l’habitation, qui a une incidence sur la construction résidentielle et les biens durables, et moins par les composantes durables, y compris les investissements et les exportations.


Éléments à retenir

  • Notre équipe a identifié les principaux défis que l’économie canadienne devra surmonter, y compris sa dépendance excessive à l’égard de la croissance du marché de l’habitation, le taux d’endettement record des consommateurs et l’augmentation rapide du salaire minimum en Ontario et en Alberta. À cela s’ajoutent les changements technologiques et politiques dans le secteur de l’énergie et l’incertitude entourant la renégociation de l’ALENA.
  • Compte tenu de ces enjeux, le Fonds canadien de croissance Mackenzie maintient une faible exposition aux entreprises canadiennes axées sur le marché canadien et se concentre sur les sociétés canadiennes dont les revenus sont diversifiés géographiquement. Les entreprises purement canadiennes dans lesquelles nous investissons exercent leurs activités dans des domaines résilients qui, selon nous, ne devraient pas trop souffrir d’un ralentissement économique au Canada, le cas échéant.

Le « mur d’inquiétude » que l’économie canadienne doit franchir

Wall of Worry

  1. Le prix de l’immobilier qui stimule la croissance économique
  2. Le taux d’endettement record des consommateurs
  3. La hausse du salaire minimum en Ontario et en Alberta
  4. Les changements structurels dans le secteur de l’énergie
  5. La forte dépendance à l’égard du commerce avec les États-Unis et l’incertitude entourant l’ALENA

1. Le prix de l’immobilier qui stimule la croissance économique

Au Canada, la majeure partie de la croissance économique récente provient du cycle du marché de l’habitation. Le prix de l’immobilier a augmenté considérablement, surtout dans les régions de Toronto et de Vancouver. Plusieurs vagues de resserrement des règles de financement hypothécaire et des taux d’intérêt plus élevés semblent avoir un effet modérateur sur le marché de l’habitation. Cependant, l’incertitude persiste quant à la question de savoir si les prix vont continuer d’augmenter, se stabiliser ou chuter.

Le faible taux d’inflation devrait entraîner une réévaluation à la hausse des actifs (y compris sur le marché de l’habitation), mais il nous est impossible de déterminer l’ampleur du rajustement et sa viabilité. Néanmoins, une hausse annuelle du prix de l’immobilier de l’ordre de 15 à 20 %, alors que les revenus augmentent de 2 à 3 %, va inévitablement provoquer un élargissement de l’écart d’abordabilité. Si le prix de l’immobilier continue d’augmenter à ce rythme, éventuellement, les acheteurs de maison neuve à revenu moyen pourraient devoir consacrer la totalité de leur revenu après impôts au remboursement de l’hypothèque, ce qui ne leur laisserait plus d’argent pour les achats essentiels comme les aliments, l’essence et les vêtements. C’est pourquoi nous surveillons le récent repli du marché de l’habitation à Toronto pour voir s’il marque un sommet dans le cycle, ou s’il s’agit simplement d’une pause. Étant donné que 7 %* des emplois au Canada sont reliés directement à la construction résidentielle, soit plus du double du pourcentage actuel aux États-Unis, une stagnation de la construction résidentielle pourrait avoir des répercussions importantes sur la croissance économique.

2. Le taux d’endettement record des consommateurs

En septembre 2017, Statistique Canada a annoncé que le taux d’endettement des consommateurs en pourcentage du revenu a atteint un sommet record de 168 % et l’OCDE a récemment indiqué que le crédit aux ménages canadiens est parmi les plus élevés au monde. L’endettement élevé des consommateurs, dont une grande partie est liée à l’immobilier, peut présenter des risques importants pour l’économie nationale si le prix de l’immobilier commence à baisser ou si les taux d’intérêt continuent d’augmenter.

3. La hausse du salaire minimum en Ontario et en Alberta

L’Ontario et l’Alberta ont prévu des augmentations du salaire minimum totalisant plus de 30 % sur 18 mois. Or, une étude récente de l’Université de Washington a révélé que si de faibles augmentations du salaire minimum ont eu un effet négligeable sur le taux d’emploi, les augmentations subséquentes plus marquées ont, quant à elles, provoqué un déplacement de l’emploi qui a plus que contrebalancé les gains provenant des augmentations de salaire. Devant l’ampleur et la cadence des augmentations du salaire minimum en Ontario, la coalition Keep Ontario Working a laissé entendre que 185 000 emplois dans la province sont menacés par l’adoption du projet de loi sur le salaire minimum. Si l’on se fie aux commentaires des détaillants canadiens qui songent à accroître l’automatisation et à optimiser l’utilisation des employés à temps partiel et à plein temps, ce n’est pas inconcevable. Loblaws a récemment annoncé la mise à pied de 500 travailleurs, Empire a licencié 800 travailleurs et Metro a aboli environ 280 emplois.

4. Les changements structurels dans le secteur de l’énergie

Le secteur de l’énergie représente près de 10 % de l’économie canadienne et environ 20 % de la capitalisation boursière de l’indice composé S&P/TSX. Nous avons beaucoup écrit sur les véhicules électriques et leur incidence probable sur le secteur de l’énergie. Cette perturbation technologique découle de la convergence de deux facteurs : l’évolution constante des technologies et les politiques gouvernementales visant à inciter les gens à délaisser la consommation de combustibles fossiles. Le coût des véhicules électriques est de plus en plus concurrentiel et les politiques gouvernementales incitent les gens à réduire la consommation de combustibles fossiles, ce qui, à notre avis, risque de faire chuter la demande de pétrole à moyen et à long termes. La croissance plus lente de la consommation de pétrole et une éventuelle diminution devraient exercer des pressions à la baisse sur les prix au début de la prochaine décennie.

5. La forte dépendance à l’égard du commerce avec les États-Unis et l’incertitude entourant l’ALENA

L’incertitude entourant le processus de renégociation de l’ALENA nous préoccupe de plus en plus, compte tenu des défis que l’économie canadienne devra surmonter. L’ALENA a profité à la fois au Canada et aux États-Unis en équilibrant la balance commerciale entre les deux pays. Cependant, sur une base relative, les échanges commerciaux avec les États-Unis comptent pour un peu moins de 20 % du PIB du Canada, alors que les échanges commerciaux avec le Canada comptent pour moins de 2 % du PIB des États-Unis. Il nous semble que le Canada soit nettement désavantagé dans ces négociations et nous prévoyons que tout résultat défavorable aura des conséquences négatives sur les sociétés exposées au commerce avec les États-Unis et sur le dollar canadien. Du point de vue des placements, cela nous incite à éviter les entreprises qui dépendent fortement du commerce avec les États-Unis et qui expédient des marchandises de l’autre côté de la frontière.


Positionnement visant à éviter le « mur d’inquiétude »

Répartition géographique des revenus du portefeuille

Source : Rapports d’entreprises et calculs de Placements Mackenzie.

Nous ciblons les sociétés canadiennes qui ont une forte présence internationale, qui sont moins contraintes par l’économie intérieure et qui peuvent tirer parti des occasions de croissance qui se présentent à l’étranger. La diversification géographique accrue de leurs activités les rend moins tributaires d’une région en particulier, ce qui se traduit par un degré de risque moindre. Ces sociétés incluent CCL Industries, Spinmaster et CAE.

Notre exposition aux sociétés purement nationales demeure limitée et à des fins défensives; elle inclut des magasins à un dollar et des fournisseurs de services de télécommunications parmi les meilleurs de leur catégorie, dont Dollarama et Telus.

Le Fonds canadien de croissance Mackenzie investit environ 50 % de son actif dans des actions canadiennes, mais moins de 30 % des revenus du portefeuille proviennent du Canada.

Nous avons réaffecté des capitaux qui étaient investis dans des secteurs surreprésentés au Canada pour investir davantage dans des sociétés de grande qualité à plus forte croissance et extrêmement stables qui ne se trouvent pas au Canada. Nous sous-pondérons fortement les secteurs des services financiers et de l’énergie, qui dominent l’indice composé S&P/TSX et totalisent environ 55 % de la capitalisation boursière de l’indice, tandis que nous surpondérons les secteurs des soins de santé et des technologies de l’information, où nous investissons uniquement dans des entreprises américaines d’envergure mondiale.

Sommaire

Dans la conjoncture actuelle, le Fonds canadien de croissance Mackenzie investit dans des sociétés canadiennes dont les revenus sont diversifiés géographiquement et dans des entreprises nationales qui exercent leurs activités dans des secteurs résilients. Le fait que le fonds puisse investir jusqu’à 50 % de son actif dans des actions étrangères favorise la diversification et la stabilité du portefeuille, ainsi que l’obtention d’une croissance légèrement supérieure aux autres fonds d’actions canadiennes.

En savoir plus l'équipe Bluewater de Mackenzie

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*Source : Deutsche Bank

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