Le Royaume-Uni fait le saut | Placements Mackenzie

Info-flash sur le marché

Le Royaume-Uni fait le saut

Tony Elavia, responsable en chef des placements, et Todd Mattina, économiste en chef



Todd Mattina
Économiste en chef
Photo of Tony Elavia
Tony Elavia
Responsable en chef des placements

Le Royaume-Uni a surpris les marchés en se prononçant en faveur d’une sortie de l’Union européenne (UE), lors de son référendum du 23 juin. La décision concernant le Brexit renforce l’incertitude à l’égard des échanges commerciaux, des structures réglementaires et des règlements relatifs à l’immigration, La démission du Premier ministre David Cameron ne fait que contribuer à ce sentiment. Le référendum a également d’importants effets d’entraînement sur l’Europe car les investisseurs nourrissent des craintes quant à la viabilité de l’UE suite au départ de son deuxième plus important membre. Suite au vote, les marchés ont été volatils, les mouvements intrajournaliers de la devise et des titres britanniques se chiffrant à 8 % et 10 %, respectivement. Les marchés boursiers européens, et particulièrement ceux d’Italie et d’Espagne, ont encore plus reculé que celui du Royaume-Uni,

La volatilité devrait demeurer élevée jusqu’à ce que les marchés comprennent mieux les prochaines étapes du processus de sortie et ses implications pour l’Europe. Le référendum ne constitue pas une décision exécutoire. Le prochain gouvernement britannique nécessitera l’approbation parlementaire avant d’imposer l’ « Article 50 » du Traité de Lisbonne, seul mécanisme légal pour se retirer de l’UE. L’Article 50 déclenche deux années de négociations, dans le cadre desquelles les règles et réglementations actuelles de l’UE continuent de s’imposer au Royaume-Uni. En l’absence d’une entente, le Royaume-Uni devra décider lesquelles des plus de 7 000 règles et réglementations demeureront en place. Étant donné que 45 % des exportations britanniques sont destinées à l’UE, une priorité importante pour le Royaume-Uni sera de négocier un accès favorable continu au marché commun de l’UE. En outre, le statut de millions de citoyens du Royaume-Uni et de l’UE qui travaillent à l’étranger devra être décidé. 

Même si nous nous attendons à ce que la volatilité soit élevée au cours des semaines à venir, nous anticipons un retour à la normale par la suite. Une incertitude accrue pourrait en un premier temps entraîner une réaction exagérée, les investisseurs exigeant des primes de risque plus élevées pour leurs actifs du Royaume-Uni et de l’Europe, surtout dans les économies vulnérables du sud de l’Europe dont les systèmes bancaires demeurent fragiles et qui ont une part importante de prêts à risque. En outre, le Royaume-Uni dépend plus que jamais d’un financement étranger continu pour ses importants déficits budgétaire et du compte courant. Toutefois, l’investissement direct étranger et les investissements de portefeuille au Royaume-Uni sont susceptibles de diminuer. Les banques internationales pourraient aussi transférer leurs opérations de Londres à l’UE pour éviter de perdre leur « passeport financier » pour les transactions libellées en euro. Alors que les pressions augmentent, la croissance économique au Royaume-Uni et en Europe devrait être moins élevée que celle de l’Amérique du Nord.

Cependant, les incidences économiques à long terme du Brexit seront probablement limitées hors du Royaume-Uni, l’économie britannique ne représentant que 3,5 % du PIB mondial. Le resserrement des conditions financières s’assouplira avec la baisse de la volatilité sur les marchés. Les investisseurs qui ont un horizon de placement à plus long terme peuvent profiter des bouleversements sur les marchés pour trouver des occasions attrayantes. 

Enfin, il y a de fortes chances que le vote sur le Brexit permette aux autres partis politiques et candidats populistes ayant des opinions contestataires de tirer profit de cet événement, y compris Donald Trump aux États-Unis  et Marine Le Pen en France. Les risques politiques seront vraisemblablement un thème récurrent alors que les plus grands pays de l’UE tiendront d’importants votes au cours de la prochaine année. 

Les placements dans les fonds communs peuvent donner lieu à des commissions, des commissions de suivi, des frais de courtage, des frais de gestion et d'autres frais. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les fonds communs ne sont pas garantis, leur valeur varie fréquemment et leur rendement antérieur peut ne pas se reproduire.