Perspectives pour le 3e trimestre 2017 avec Todd Mattina | Placements Mackenzie

Opinions de gestionnaires

Todd Mattina, économiste en chef et stratège au sein de l’équipe de répartition de l’actif Mackenzie, discute de l’activité mondiale de reflation, des perspectives de l’économie mondiale et du resserrement potentiel des taux d’intérêt.

Perspectives pour le 3T 2017 avec Todd Mattina

Todd Mattina, économiste en chef et stratège au sein de l’équipe de répartition de l’actif Mackenzie, discute de l’activité mondiale de reflation et de l’évolution récente des marchés.

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TODD MATTINA : L’apogée de l’activité mondiale de reflation étant aujourd’hui chose du passé, les économies mondiales et leurs marchés semblent changer de vitesse. Depuis la mi-2016, la relance mondiale reposait sur trois piliers : forte hausse de l’activité manufacturière mondiale et du commerce international, plus grande confiance de la part des entreprises et des consommateurs et élection surprise de Donald Trump (dont le programme de fortes réductions d’impôt, de dépenses d’infrastructure et de déréglementation a suscité des attentes élevées). Néanmoins, après avoir culminé en décembre, l’activité mondiale de reflation s’est estompée, ces trois piliers perdant de leur importance. Trois facteurs semblent entrer en jeu. Premièrement, la Chine resserre peu à peu ses politiques macroéconomiques, mettant un frein au rythme insoutenable de gonflement de la dette, et atténuant son impact positif sur le prix des marchandises et le commerce international. Deuxièmement, l’économie américaine a perdu de son élan au premier trimestre. Troisièmement, en plein chaos, la Maison-Blanche n’a pas réussi à faire progresser sa politique de croissance fondée sur d’importantes réductions d’impôt devant le Congrès à majorité républicaine, ce qui amène à s’interroger sur l’échéancier et l’envergure des mesures susceptibles d’être mises en œuvre.

En ce qui concerne l’avenir, l’économie mondiale entre dans une nouvelle phase de croissance stable et soutenue, avec une inflation réduite, comparativement à la dernière phase de reflation et de croissance rapides en 2016. La croissance soutenue et le faible niveau d’inflation sont de bon augure pour les actifs à risque. Par conséquent, à des fins stratégiques, nous surpondérons les actions par rapport aux obligations d’État car nous estimons que dans ce type de contexte macroéconomique, les actions proposent des résultats intéressants comparativement aux actifs sans risque. Quant aux divers marchés boursiers, nous sous-pondérons celui des États-Unis car les investisseurs sont, à notre avis, en train de réévaluer les perspectives cycliques et politiques de ce pays alors que d’autres marchés, dont le Royaume-Uni et les marchés émergents, présentent de meilleures valorisations relatives.

Le principal facteur d’incertitude est le ton de plus en plus ferme des principales banques centrales du monde, en dépit de l’atonie des données sous-jacentes à l’égard de l’inflation et des salaires. La Fed projette deux hausses de taux cette année et l’année suivante, tout en réduisant son bilan de 4,5 billions $ pour contrebalancer les effets de l’assouplissement quantitatif. Mario Draghi a contribué à renforcer l’incertitude relative au resserrement de la CBE plus tard dans l’année en signalant que, dans la zone euro, les risques déflationnistes avaient été remplacés par des risques reflationnistes. La Banque d’Angleterre et la Banque du Canada ont également surpris les marchés avec leurs perspectives plus optimistes et leurs positions plus fermes à l’égard des taux. Je crois cependant qu’un resserrement précipité et les taux d’intérêt de par le monde risquent de freiner l’expansion mondiale. Ainsi, à mon avis, les banques centrales procéderont à une éventuelle hausse des taux avec la plus grande prudence, surveillant de près les données macroéconomiques du trimestre, les signes d’exubérance financière et les marchés d’actifs.

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Points clés

  • Les économies mondiales et leurs marchés semblent changer de vitesse suite à l’apogée de l’activité mondiale de reflation, en décembre 2016.
  • La croissance soutenue et le faible niveau d’inflation sont de bon augure pour les actifs à risque.
  • Les banques centrales procéderont avec prudence à une éventuelle hausse des taux afin d’éviter un ralentissement de l’expansion mondiale.