Perspectives pour 2018 : Un élan mondial | Placements Mackenzie

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Perspectives pour 2018 : Un élan mondial

Todd Mattina, économiste en chef et stratège au sein de l’équipe de répartition de l’actif Mackenzie, affirme que la reprise conjoncturelle généralisée dont ont bénéficié plusieurs grandes économies semble vouloir se poursuivre en 2018.

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TODD MATTINA : En 2017, l’économie mondiale a bénéficié d’une hausse du PIB réel étonnamment répandue et synchronisée, sur fond de faible inflation. La progression de l’économie mondiale s’explique par plusieurs facteurs, dont une activité manufacturière plus solide, un rebond des dépenses d’investissement réel, une plus grande confiance parmi les consommateurs et les entreprises, un raffermissement des prix des produits de base et des politiques monétaires souples, ce qui a contribué à l’assouplissement des conditions financières. Les marchés ont récompensé les investisseurs qui ont pris des risques dans un contexte de « Boucles d’or » caractérisé par une croissance solide et un faible niveau d’inflation. Les actions des marchés développés ont gagné plus de 20 %, avec en tête le secteur de la technologie, alors que les actions des marchés émergents ont progressé de plus de 25 % en devise locale. Le TSX a affiché une contre-performance par rapport à d’autres importants marchés boursiers, mais les actions ont continué à se voir récompensées par rapport aux obligations d’État canadiennes sans risque, car au Canada les rendements ont gagné du terrain en 2017.

Au sein de nos portefeuilles, nous avons maintenu notre surpondération tactique en actions mondiales par rapport aux obligations d’État. Nous avons adopté cette position au début du troisième trimestre 2016 et, de plus en plus convaincus par sa validité, nous avons accru notre surpondération tactique en actions. Nos portefeuilles et nos investisseurs ont tiré profit de cette position car ils ont pu participer à cet impressionnant redressement des actions mondiales.

La reprise conjoncturelle généralisée dont ont bénéficié plusieurs grandes économies semble vouloir se poursuivre en 2018. Plusieurs facteurs soutiennent cet élan continu. Premièrement, les réductions d’impôt aux États-Unis, qui contribueront plus de 1 billion $US à la dette publique sur 10 ans, engendreront un encouragement fiscal à court terme qui stimulera les investissements d’affaires et les dépenses personnelles. Deuxièmement, les conditions monétaires mondiales semblent vouloir continuer à être accommodantes, car les achats directs d’actifs de la part de la Banque centrale européenne et la Banque du Japon compensent les réductions du bilan opérées par la Réserve fédérale, laquelle cherche à réduire son bilan hypertrophié de 4,5 billions $. Enfin, bon nombre d’économies mondiales parmi les plus importantes disposent de capacités de réserve importantes qui leur permettront de continuer à croître rapidement et au-delà de leurs niveaux de tendance à long terme. C'est notamment le cas pour l’Europe, le Japon et bon nombre de marchés émergents. En particulier, plusieurs marchés émergents semblent entamer une année prometteuse sur ce plan. Ils bénéficient par exemple d’un raffermissement des prix des produits de base, d’un regain de la croissance du commerce mondial et de conditions financières internationales favorables à la recherche d’un rendement.

Ici, au Canada, la croissance devrait se poursuivre à des niveaux supérieurs au taux tendanciel à long terme, soit environ 2,25 % en 2018. Alors que les investissements d’entreprise dans les exportations devraient être plus solides cette année, les dépenses personnelles pourraient diminuer par rapport à 2017, au fur et à mesure que le rythme des gains sur le marché immobilier résidentiel commence à s’estomper et que la hausse des taux d’intérêt en 2018 commence à peser sur le secteur fortement endetté des biens de consommation, où la dette correspond à environ 170 % du revenu disponible.

Dans un tel contexte économique propice, certaines catégories d’actifs et stratégies de placement procycliques devraient à notre avis continuer à afficher une surperformance en 2018. Nous adoptons trois positions avec conviction. Premièrement, une surpondération en actions mondiales par rapport aux obligations d’État. Deuxièmement, une surpondération en actions des marchés émergents au sein du volet consacré aux actions. Troisièmement, une sous-pondération au dollar américain par rapport au dollar canadien et une surpondération à l’euro par rapport au dollar canadien.

Pour en savoir davantage à ce sujet, veuillez consulter la dernière édition de Mackenzie Express.

Points clés abordés par M. Mattina

  • Plusieurs facteurs étayent les perspectives de hausse conjoncturelle continue pour la plupart des grandes économies en 2018, et particulièrement pour les marchés émergents.
  • En 2018, le Canada connaîtra une croissance économique supérieure au taux tendanciel à long terme.
  • Notre approche tactique comprend notamment une surpondération en actions mondiales par rapport aux obligations d’État et une sous-pondération en dollars américains par rapport aux dollars canadiens.