Perspectives 2015 | Placements Mackenzie

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Perspectives 2015 : Stratégies pour tirer parti des marchés d’aujourd’hui

Nos spécialistes en placement discutent des actions, des placements à revenu fixe et des valorisations boursières

Dans cette vidéo, nos spécialistes en placement traitent d’un certain nombre de questions, dont les suivantes : le moment est-il venu d’investir en Europe? Quel sera l’effet de La chute du prix du pétrole sur les taux d’intérêt et quelles sont les perspectives pour l’économie?

De gauche à droite : Alain Bergeron, chef de l’équipe de répartition de l’actif Mackenzie, Steve Locke, chef de l’équipe des placements à revenu fixe Mackenzie, et Tony Elavia, responsable en chef des placements.

Perspectives 2015 : Stratégies pour tirer parti des marchés d’aujourd’hui

Nos spécialistes en placement discutent des actions, des placements à revenu fixe et des valorisations boursières

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Voici quelques-unes des questions auxquelles cette vidéo donne réponse :

  1. Quel rôle pourrait jouer la politique monétaire en 2015?
  2. Quels sont les risques majeurs qui menacent les perspectives pour les marchés mondiaux?
  3. Quelle est la position globale en matière de répartition de l’actif au cours du premier trimestre de 2015?
  4. Les valorisations américaines sont-elles exagérées par rapport à celles de l’Europe?
  5. Le dollar américain surclassera-t-il son homologue canadien?
  6. Quel sera l’effet de la chute du prix du pétrole brut sur les actifs à revenu fixe?
  7. Que devriez-vous rechercher sur les marchés des obligations à rendement élevé en 2015?

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TONY ELAVIA : Alors, parlons des marchés. 2014 a été une excellente année. Au début, l'inquiétude rongeait bien des gens, comme d'habitude. Mais, les marchés ont obtenu de bons résultats. À la fin de l'année, les marchés américains affichent une progression de plus de 15 % (en dollars canadiens), tandis que celle de leurs homologues canadiens dépasse les 10 %. Dans quelques instants, nous aborderons nos attentes pour l'année prochaine. Il ne fait aucun doute que les valorisations demeurent exagérées, confirmant ce que nous avons dit depuis quelques trimestres déjà.

Steve, avant d'aborder cette question, quelles sont les perspectives pour les marchés des titres à revenu fixe?

STEVE LOCKE : Je pense que nous devons considérer la performance observée au cours de cette année comme une anomalie, car l'inflation a été faible tout au long de l'année et globalement. Cela a entraîné des politiques de détentes monétaires en Europe par exemple. Toutefois, nous avons eu simultanément la politique de différenciation aux États-Unis, avec la fin des mesures d'assouplissement quantitatif au deuxième semestre de 2014. Alors, différents vents de politiques monétaires soufflent sur les marchés. Mais, en général, les rendements tendent à la baisse. En 2014 notre position sur le risque de taux d'intérêt a été récompensée, vu le recul de près de 80 à 100 points de base en Amérique du Nord, et un peu plus en Europe, en raison de la politique monétaire européenne.

Ainsi donc, la récompense est venue de ce secteur. Pour ce qui est des obligations, celles de catégorie investissement se sont très bien comportées et celles de société ont procuré de bons résultats, avec un écart de taux s'amplifiant un peu dans certains secteurs. Les obligations à rendement élevé, en revanche, après un premier semestre favorable, on connu une certaine volatilité au deuxième semestre, particulièrement dans le secteur du pétrole et du gaz. Quant à leurs rendements, ils avoisinaient le niveau du coupon sur la plupart du marché des obligations à rendement élevé pour l'année, soit un peu moins de 6 % pour 2014.

En 2015, je crois que la politique monétaire sera à nouveau le thème dominant sur les marchés, particulièrement ceux des obligations. Cependant, les titres de sociétés devraient procurer les meilleurs rendements. Avec un portefeuille axé sur les obligations à rendement élevé, nous tablons sur des intérêts de l'ordre de 6 %, en 2015.

Nous devons demeurer vigilants face à la volatilité; comme nous l'avons dit à nos clients, nous devons nous rappeler que les obligations offriront des rendements inégaux dans la prochaine phase du cycle. Alors, la sélectivité est de mise sur les marchés des obligations à rendement élevé.

TONY ELAVIA : Parlons maintenant des devises et de la répartition de l'actif. Alain, quelles sont les perspectives pour ces deux domaines?

ALAIN BERGERON : À l'aube de 2015 et en considérant différents facteurs et risques afférents, on peut dire qu'en général, la pondération neutre est la position indiquée sur plusieurs plans. Cependant, bon nombre d'occasions dans l'univers des devises permettront de déroger à la neutralité en 2015.

Pour être plus précis, nous prévoyons a une légère appréciation du dollar américain par rapport au dollar canadien et une hausse modérée du dollar américain par rapport à l'euro.

Pour ce qui est du dollar canadien par rapport au dollar américain, lorsque nous avons soumis notre position au comité des placements mondiaux l'année dernière, la valorisation en était une composante importante. Ce n'est plus le cas maintenant, puisque la valeur du dollar canadien a chuté, depuis lors. Mais la conjoncture macroéconomique et l'humeur des participants aux États-Unis entourant le dollar américain laissent présager sa solidité continue. De plus, la baisse récente du prix du pétrole, met de la pression sur l'économie canadienne. C'est ce que les économistes appellent souvent le « choc des termes de l'échange ». En vertu de ce principe, le dollar canadien jouera probablement le rôle d'amortisseur, toute proportion gardée. Cela signifie que la valeur du dollar canadien baissera davantage par rapport à celle du dollar américain.

TONY ELAVIA : D'après vous, quelles pondérations régionales devrions-nous attribuées aux marchés boursiers?

ALAIN BERGERON : La position la plus adéquate à l'heure actuelle serait la pondération neutre. Ce qui retient notre attention ce sont les marchés boursiers des États-Unis et ceux de l'Europe – énorme occasion, du point de vue de la valorisation pure. Selon une optique à long terme, les marchés boursiers américains sont assez onéreux relativement à ceux de l'Europe.

Mais pour 2015, nous estimons très probable que survienne un moment indiqué, peut-être en été, pour des surpondération et sous-pondération.

Pour l'essentiel, la situation qui prévaut en Europe pourrait se détériorer avant de s'améliorer. Bien sûr que le vent tourne, mais si nous attendons d'avoir le vent en poupe, nous raterons le creux. Du point de vue de la correction du risque, les occasions sont inégalement réparties.

TONY ELAVIA : Bien, parlons maintenant des stratégies de répartition de l'actif dans les différentes régions. Nous avons dit que les valorisations sont exagérées sur les marchés boursiers. Il s'agit donc d'un élément à considérer. Il y a aussi les questions macroéconomiques qui viennent compliquer les choses. Qu'en pensez-vous?

ALAIN BERGERON : Au chapitre des actions et des obligations, nous adoptons une pondération neutre. Les valorisations, de plus en plus exagérées, sont inchangées au cours des derniers trimestres. Mais, l'humeur des participants et la conjoncture macroéconomique présentent des signaux contradictoires; c'est pourquoi la pondération neutre semble la position indiquée.

Dans l'optique à long terme, le marché boursier le plus cher est celui des États-Unis. L'un des moins chers est celui de l'Europe. Quel est donc le meilleur moment pour sous-pondérer les États-Unis et surpondérer l'Europe?

Le comité des placements mondiaux ne conseille pas aux investisseurs de le faire dans le contexte actuel. Il faudra attendre que la situation en Europe se stabilise davantage, car elle risque de se détériorer avant de se redresser.

TONY ELAVIA : Nous avons assisté à la dégringolade du prix du pétrole, ce qui provoque de l'inquiétude chez certains et de l'euphorie chez d'autres. Quel sera son effet sur le comportement des marchés des titres à revenu fixe et sur vos stratégies?

STEVE LOCKE : Ce facteur influe sur ce marché de plusieurs façons. Comme vous le soulignez, le choc pétrolier auquel nous avons assisté à la fin de 2014 pourrait stimuler certaines économies en 2015. Cela aura des incidences sur les taux d'inflation, lesquels influeront sur les taux directeurs. Les États-Unis illustrent bien ce scénario. La baisse du prix du pétrole augmente le pouvoir d'achat des consommateurs américains et, partant, favorise le secteur de la consommation, lequel représente près de 70 % du PIB américain, soit une hausse possible de la croissance du PIB l'année prochaine.

En même temps, cela risque de faire baisser le taux d'inflation. L'inflation globale, dont le panier énergétique constitue un élément important, va probablement reculer. Nous avons assisté à un scénario semblable vers la fin des années 1990. Cela risque de se reproduire avec l'IPC. Tout cela signifie que la Fed pourrait légèrement retarder l'augmentation de son taux directeur. Certains s'attendraient à voir le taux des fonds fédéraux montés dès mars 2015. À notre avis, leur relèvement se produira plutôt au deuxième semestre de l'année, au plus tôt en juin.

Il y a donc un impact sur la courbe des taux selon la trajectoire du taux directeur. Toutefois, la baisse de l'inflation dans les marchés développés mesurée par la trajectoire de l'IPC, dont la baisse du prix de l'énergie, stimulera l'économie et modérera l'inflation. Cela signifie que les courbes des taux se comporteront assez bien en 2015.

TONY ELAVIA : Alors, si la conjoncture économique s'améliore, cela est-il de bon augure pour les marchés des obligations à rendement élevé?

STEVE LOCKE : En général, oui. Il y aura évidemment des exceptions. Les sociétés émettrices d'obligations à rendement élevé ayant le pétrole et le gaz comme sources de revenus ressentiront évidemment une certaine pression, comme à la fin du troisième et au début du quatrième trimestre de 2014. Le panier des titres énergétiques à rendement élevé accuse un retard important par rapport à l'ensemble du marché des obligations à rendement élevé en ce moment.

Cependant, cela crée certaines occasions de valorisation pour les investisseurs dans les titres énergétiques à rendement élevé. En fait, cela se vérifie déjà par le comportement de certains titres énergétiques à rendement élevé que nous suivons. Par contre, le pétrole étant un intrant dans de nombreux processus de fabrication, la baisse de son coût pourrait améliorer quelque peu la marge de rentabilité pour certaines sociétés productrices de marchandises à base de pétrole.

Pour les sociétés émettrices d'obligations à rendement élevé, les résultats ont été inégaux en 2014, et le seront davantage en 2015. Il faut donc être sélectif sur les marchés des obligations à rendement élevé, qu'il s'agisse de la qualité de signature ou de la position dans la structure du capital. Ce thème est toujours d'actualité, mais, pour notre part, nous aimons les titres à rendement élevé cette année.

TONY ELAVIA : Bien, résumons. Cette année tire à sa fin. Les marchés boursiers se sont manifestement beaucoup mieux comportés que prévu. L'appréciation du dollar a été l'un des faits saillants de l'année.

TONY ELAVIA : Les mesures d'assouplissement quantitatif ont été abandonnées aux États-Unis. Leur diminution progressive l'année dernière a causé une crise, mais c'est maintenant chose du passé et le marché des titres à revenu fixe semble l'avoir bien surmontée. Le prix du pétrole a dégringolé cette année. En principe, c'est de bon augure. Les effets haussiers imprévus découlant de ces conditions représentent visiblement un potentiel.

Il y a les risques géopolitiques habituels sous forme de conflits au Moyen-Orient. Une certaine instabilité découle des conflits dans certains pays moyen-orientaux et en Russie en raison de la baisse du prix du pétrole. Les valorisations demeurent exagérées pour la troisième année consécutive. Cependant, le contexte macroéconomique général semble propice à la croissance durable des actions. D'où les perspectives raisonnablement optimistes pour les marchés financiers au cours de l'année prochaine.