Visionnez les perspectives d’Alex Bellefleur pour le quatrième trimestre

Alex Bellefleur: Les données manufacturières à travers le monde récemment ont considérablement ralenti donc tout ce qui touche la production industrielle a commencé à montrer des signes de faiblesse à travers le monde. Maintenant, ces signes de faiblesse étaient déjà bien visibles en Europe et en Asie vers la fin de 2018 et le début de 2019 mais la faiblesse a commencé à se propager aux États-Unis, qui était, jusqu'à présent, une économie qui avait été beaucoup plus résiliente que le reste du monde.

En réponses, les banques centrales à travers le monde, que ce soit la Fed aux États-Unis ou la BCE en Europe, ont été très accommodantes; elles ont recommencé à augmenter la taille de leurs bilans et elles ont également abaissé les taux d'intérêt. Donc ceci a généré d'excellents rendements dans les marchés obligataires.

Toutefois, en ce qui concerne les marchés actions, ces marchés ont été un peu pris entre le facteur négatif, qui a été le ralentissement de la croissance mondiale, et le facteur positif, qui a été la baisse des taux d'intérêt, ce qui a généré des rendements un petit plus neutres dans les derniers mois.

En 2019, à la fois les marchés d'actions et les marchés d'obligations on fait expérience d'une excellente performance, en grande partie à cause des baisses de taux d'intérêt qui ont bénéficié les deux classes d'actifs.

Pour ce qui est de 2020, des surprises pourraient venir soit d'une stabilisation de l'économie mondiale ou d'une politique monétaire plus accommodante que ce qui est présentement intégré dans les marchés. Nous croyons que ce deuxième cas, une politique monétaire plus accommodante que ce qui est intégré, est une possibilité en 2020. La Fed, historiquement, a tendance à être un petit peu plus timide avant les élections présidentielles et à ne pas changer sa politique monétaire de manière significative mais au fur et à mesure où 2020 avance, nous croyons que ceci est une possibilité qui est grandissante.

Présentement, à mon avis, ce sont les risques politiques qui dominent. La question des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine va demeurer très présente dans les prochains mois car elle n'a évidemment pas été résolue de manière définitive. Mais également, dans les trois prochains mois et au début de 2020, il y a toute une rhétorique à propos des élections présidentielles américaines qui va commencer à s'accélérer. Les marchés vont tenter d'anticiper qui sera le candidat ou la candidate démocrate qui fera face au président Trump en 2020 et les marchés tenteront d'anticiper quelles sont les probabilités de succès de ce candidat ou de cette candidate. Et donc ceci va sans doute générer des risques politiques assez importants dans les prochains mois en plus du ralentissement manufacturier américain dont on a déjà fait l'expérience dans les derniers mois.