Élections américaines : Puissance et portefeuilles | Placements Mackenzie

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Élections américaines : Puissance et portefeuilles

Dans une édition spéciale de la Minute Mackenzie, Tony Elavia, responsable en chef des placements, affirme qu’il s’attend à ce que Donald Trump gouverne en tant que capitaliste et populiste.

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De toute évidence, pour ce qui est des attentes du marché, la victoire de Donald Trump n’était pas un fait accompli. Nous allons donc traverser certaines périodes. Il est fort probable que M. Trump, en tant que président, soit fort différent du candidat Trump. Il est important, lorsqu’on considère l’impact de la présidence Trump, de bien faire la distinction entre les sentiments que l’on peut avoir à l’égard de ses politiques sociales et les politiques économiques qu’il est susceptible de mettre en œuvre.

Le point de vue que je souhaite partager est que M. Trump gouvernera probablement comme un capitaliste, sous fond de fortes tendances populistes. À nous donc de déterminer dans quelle mesure il adhérera au capitalisme. Où se manifestera-t-il? Quelles contraintes populistes agiront sur ce type de capitalisme? C’est ainsi qu’il faut envisager la situation. Dans cette perspective, il est plus probable qu’improbable que l’économie américaine tirera profit de bon nombre de changements à la règlementation, aux règles et aux nouvelles politiques que l’administration Trump est susceptible de mettre en œuvre, comparativement à une administration Clinton.

Notre réflexion sur l’impact potentiel de l’accession de M. Trump à la présidence des États-Unis pourrait s’articuler sur six différents domaines de l’économie américaine et, de fait, l’incidence sur le reste du monde. Sans ordre particulier, en voici une liste :

En premier lieu, l’infrastructure. M. Trump a lui-même évoqué cet aspect à maintes reprises. Nous avons donc des éléments de preuve de ses déclarations à ce sujet. 

Les dépenses d’infrastructure devraient en bénéficier substantiellement lorsque nous augmentons notre construction de ponts, de voies routières et d’autres installations d’infrastructure. C’est une très bonne nouvelle pour l’emploi des cols bleus aux États-Unis.

Obamacare devrait subir d’importantes modifications ou être remplacé par autre chose. Les principaux éléments pourraient être le recours à un système d’assurance régi par le marché. Chaque fois qu’une personne ne peut verser ses cotisations, le gouvernement interviendra et le fera en son nom, élément populiste. Bref, intégrer un élément jouissant d’un soutien populaire dans un programme fondé sur le marché.

Les ressources sur le marché pétrolier pourraient profiter considérablement du fait que M. Trump est susceptible de faire marche arrière en ce qui a trait à la réglementation contre les combustibles fossiles adoptée par l’administration Obama au cours des huit dernières années. 

Dans l’ensemble, il y aura un recul de toutes les réglementations adoptées par le coup de plume présidentielle d’Obama au cours des huit dernières années. Cela ne nécessite aucun consentement du Sénat ou du Congrès et, par conséquent, il est susceptible de faire marche arrière.

Pour ce qui est du commerce, sujet qui a fait l’objet de bien des discussions pour ce qui est de la présidence Trump, je pense que l’effet sera beaucoup plus limité que ce que nous aurions pu penser. Il est tout à fait improbable qu’il applique des barrières au commerce à tous les pays, comme il a été question dans les années vingt avec la loi Smoot-Hawley. Il est plus probable que M. Trump tente d’extorquer un genre de rétribution de la Chine et du Mexique; les deux pays qu’il a toujours évoqués. Le fait est que, dans l’ensemble, le commerce devrait prospérer et non pas chuter de façon considérable.

Et enfin, le secteur financier devrait tirer profit raison du démantèlement des règlements de la loi Dodd-Frank ou de modifications sérieuses pouvant y être apportées.

Les banques commerciales subiront probablement des conséquences négatives de l’abolition du lien entre les services de banque d’investissement et les services bancaires commerciaux. On peut s’attendre à ce qu’il ramène des éléments de la loi Glass-Steagall dans ce contexte. Dans l’ensemble, le secteur financier devrait bien se porter.

Le Canada est le principal partenaire commercial des États-Unis et, pas une seule fois, Donald Trump n’a tenu de propos négatifs à l’endroit du Canada. Donc, il est très peu probable qu’une réglementation vise expressément le Canada.

Je crois qu’une hausse de la croissance économique aux États-Unis sous la gouverne de M. Trump aura des effets positifs pour le Canada et les marchés boursiers canadiens car nous évoluerons de concert avec les États-Unis.