Investissement axé sur la valeur dans le marché canadien et les marchés mondiaux actuels

DANS CET ARTICLE

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    Points à retenir

    • Des taux d’intérêt positifs et un coût du capital reflété correctement rendent la discipline en matière de valorisation plus pertinente après une longue période de taux nuls.
    • Dans ce nouveau contexte, une approche axée sur la valeur peut élargir les occasions offertes aux investisseurs canadiens, qui peuvent aller vers autre chose que les banques, les producteurs d’énergie et les entreprises liées à l’or.
    • Certaines entreprises des secteurs des ressources, des infrastructures et des technologies mondiales peuvent être attrayantes si elles combinent des paramètres fondamentaux qui s’améliorent, une valorisation raisonnable et un rôle clair dans la composition du portefeuille.

    Pourquoi la discipline en matière de valorisation revêt-elle à nouveau de l’importance?

    Après la crise financière mondiale, les banques centrales de nombreux marchés développés ont maintenu des taux d’intérêt quasi nuls pendant plus d’une décennie. Dans un tel contexte, l’actualisation des flux de trésorerie futurs a moins d’importance : lorsque le taux d’actualisation est proche de zéro, le marché peut attribuer une valeur similaire aux flux de trésorerie attendus à long terme et aux flux générés aujourd’hui.

    Nous croyons que la période postpandémique marque un retour à des conditions de marché normales. Comme l’inflation se montre plus structurelle, les taux d’intérêt devraient, selon nous, rester positifs, même si les banques centrales gardent le cap sur une normalisation de la politique au lieu de viser un retour à un taux de zéro. Cela augmente la pertinence du coût du capital et des mécanismes d’actualisation utilisés pour la valorisation.

    Dans cet article, nous examinons trois secteurs qui pourraient offrir des occasions attrayantes d’investissement axé sur la valeur selon l’approche ascendante, en tenant compte de l’amélioration des données fondamentales et d’un contexte macroéconomique favorable.

    Occasions liées à la fiabilité des ressources canadiennes

    La répartition des actions canadiennes s’articule souvent autour d’un petit nombre de catégories familières (notamment les banques, les producteurs d’énergie et les entreprises liées à l’or), mais une approche d’investissement axé sur la valeur permet d’élargir la gamme d’occasions.

    La sécurité de l’approvisionnement en ressources et en énergie est devenue une priorité pour les pays et les entreprises. La pandémie a exposé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement mondiales, après quoi bon nombre de sociétés et de gouvernements ont réévalué leur dépendance à l’égard d’un petit nombre de sources de denrées, de matériaux et d’énergie. Les tensions géopolitiques ont renforcé ce phénomène.

    Ce changement se répercute sur les actions liées aux ressources. La demande en sources fiables de matériaux et d’énergie peut soutenir certaines sociétés dans des segments comme le cuivre, les services liés au pétrole et à son acheminement ou les infrastructures liées à l’exploration et à l’exploitation minière. Ce ne sont pas simplement des considérations cycliques. Cela reflète plutôt un changement radical dans la façon dont les pays envisagent la sécurité de l’approvisionnement en intrants essentiels.

    Le cuivre est un exemple de matériau qui revêt une grande importance économique. Il est utilisé dans les centres de données, dans les réseaux électriques et dans les habitations. La demande liée aux infrastructures numériques et à l’expansion du réseau pourrait jouer en sa faveur. Une reprise du marché de l’habitation ou une accélération de la croissance en Chine pourraient causer une appréciation supplémentaire. Pour les investisseurs, l’idée n’est pas d’investir de manière indifférenciée dans la catégorie des produits de base, mais de trouver les entreprises les plus solides à des valorisations attrayantes.

    Les entreprises liées aux infrastructures peuvent élargir la composante canadienne

    Le thème de la sécurité de l’approvisionnement en ressources ne se limite pas aux producteurs. Dans certains cas, les entreprises liées aux infrastructures peuvent tirer parti des dépenses en immobilisations nécessaires pour entretenir, développer ou optimiser les actifs existants du secteur des ressources.

    La mise en valeur de nouvelles mines est plus difficile en raison de la réglementation environnementale, des délais d’approbation, des besoins en capitaux et de la complexité opérationnelle. Par conséquent, les exploitants de mines existantes pourraient être contraints d’extraire plus de minerai dans des zones à faible concentration près de gisements déjà exploités. Ces activités peuvent nécessiter plus d’excavation, de transport, de traitement et d’entretien de l’équipement.

    Il en découle des occasions pour les entreprises qui fournissent de l’équipement lourd, des services, des solutions d’énergie ou des infrastructures liées aux marchés des mines et des ressources. Au-delà du secteur des infrastructures canadien, certaines de ces sociétés sont liées au Canada, mais exercent également leurs activités ailleurs, y compris dans les grandes régions minières du monde.

    Intégrer la technologie mondiale à une approche axée sur la valeur 

    S’il est vrai que le secteur de la technologie est souvent associé à l’investissement axé sur la croissance, cette vision peut être réductrice. Des avancées comme l’intelligence artificielle ne relèvent pas intrinsèquement de thèmes de croissance ou de valeur. Ces grands changements technologiques peuvent générer à la fois des valorisations excessives et des titres sous-évalués.

    La distinction réside dans les paramètres fondamentaux et la valorisation. Certaines entreprises du segment des semiconducteurs et des technologies de mémoire connaissent une forte demande en raison d’une pénurie de ce type de produits, qui sont destinés à des marchés finaux, soutenus par une demande bien réelle. Cette situation diffère des cycles technologiques passés, où les infrastructures étaient construites en prévision de leur utilisation. Dans le contexte actuel, certaines sociétés peuvent être soutenues par leurs bénéfices, leurs flux de trésorerie et la dynamique de l’offre et de la demande plutôt que par la spéculation.

    Au-delà des centres de données, les fabricants de semiconducteurs traditionnels, qui vendent des intrants pour les automobiles, les électroménagers, les produits industriels et d’autres secteurs de l’économie réelle, pourraient bénéficier d’une amélioration de l’activité manufacturière aux États-Unis ou dans certaines régions d’Europe. Lorsque ces entreprises sont négociées à des prix nettement inférieurs à leur valeur intrinsèque en période de perte de confiance, elles deviennent des occasions potentielles pour les investisseurs axés sur la valeur.

    Répercussions sur les investisseurs

    Nous croyons que le contexte actuel justifie une approche élargie des actions canadiennes dans le portefeuille. Les banques, les producteurs d’énergie et les sociétés liées à l’or conservent leur importance, mais ce ne sont plus les seules occasions qui s’offrent aux investisseurs. Un processus de valorisation rigoureux permet de cerner les sociétés liées à la sécurité de l’approvisionnement en ressources, aux dépenses en infrastructures et à la demande mondiale en technologie, y compris les sociétés à l’étranger lorsque le marché intérieur est limité.

    L’objectif n’est pas de courir après les tendances, mais de trouver des entreprises sous-évaluées dans des secteurs où les paramètres fondamentaux s’améliorent, où le coût du capital est reflété correctement et où la contribution à la résilience du portefeuille est claire.

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