Le Canada à la croisée des chemins
DANS CET ARTICLE
RÉSUMÉ
Le modèle de croissance du Canada évolue
L’économie canadienne entre dans une nouvelle phase. Pendant une grande partie de la dernière décennie, la croissance a été soutenue par une progression rapide de la population, un marché de l’habitation résilient et un accès prévisible au marché américain. Aujourd’hui, chacun de ces moteurs devient moins fiable.
Même si le Canada pouvait éviter une récession, la croissance économique devrait demeurer inférieure à son potentiel, les ménages devant composer avec un niveau d’endettement élevé, une productivité qui reste faible et des incertitudes commerciales qui pèsent sur les investissements des entreprises. Contrairement à un ralentissement cyclique typique, il s’agit ici de transformations structurelles susceptibles d’influencer les perspectives économiques du Canada – et l’orientation des marchés financiers – pour de nombreuses années.
Des changements structurels qui redessinent les perspectives
L’évolution de la relation commerciale du Canada avec les États-Unis constitue l’un des défis structurels les plus importants pour le pays. Pendant des décennies, les entreprises canadiennes ont profité d’un accès prévisible et fondé sur des règles à leur principal marché d’exportation. Cette certitude s’est estompée.
Au lieu de fournir un cadre à long terme, l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est désormais soumis à des examens annuels jusqu’en 2036, ce qui accroît l’incertitude pour les exportateurs et les entreprises qui doivent prendre des décisions d’investissement à long terme.
Scénario | Incidence potentielle |
Examens annuels de l’ACEUM (situation actuelle) | Incertitude prolongée et reports des investissements des entreprises. |
Renégociation importante | Hausse des coûts commerciaux en raison de règles d’origine plus strictes ou de la modification des préférences tarifaires. |
Retrait de l’ACEUM | Augmentation importante des barrières commerciales, à moins qu’elles ne soient remplacées par des accords bilatéraux. |
Prolongation à long terme | Davantage de certitude pour les exportateurs et les chaînes d’approvisionnement nord‑américaines intégrées. |
Source : Banque du Canada
Les données démographiques ajoutent une autre dimension à cette transition. Après plusieurs années de croissance démographique exceptionnellement forte, l’augmentation de la population active ralentit. La croissance économique future dépendra de plus en plus de l’amélioration de la productivité plutôt que de l’expansion de la main-d’œuvre.
La productivité canadienne est à la traîne de celle des États-Unis depuis une grande partie des deux dernières décennies, ce qui limite la croissance des salaires, les investissements des entreprises et la résilience économique à long terme.
Écart de productivité
Production par unité de travail (2 000 = 100)
Sources : Statistique Canada, US Bureau of Economic Analysis, au 31 mars 2026.
L’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis met en lumière l’un des défis structurels les plus persistants du pays. Bien que l’intelligence artificielle puisse améliorer la productivité au fil du temps, il est peu probable que ces gains se concrétisent assez rapidement pour contrebalancer les vents économiques défavorables actuels.
L’intelligence artificielle représente à la fois une occasion et un défi. Elle a le potentiel d’améliorer la productivité à long terme, mais il est peu probable que des gains significatifs se matérialisent assez rapidement pour compenser les vents contraires structurels qui freinent aujourd’hui l’économie.
Le PIB réel par habitant continue de tirer de l’arrière par rapport à celui des
États-Unis, ce qui met en évidence les effets combinés d’une productivité plus faible et d’un ralentissement de la dynamique économique.
Un écart grandissant dans les niveaux de vie
PIB réel par habitant (2 000 = 100)
Sources : Statistique Canada, US Bureau of Economic Analysis, au 31 mars 2026.
La divergence du PIB réel par habitant illustre comment les défis structurels du Canada touchent de plus en plus la prospérité des ménages et le potentiel de croissance à long terme.
Ce qu’il faut retenir pour les investisseurs : Un ralentissement de la croissance démographique, une productivité plus faible et une incertitude commerciale accrue devraient maintenir la croissance du Canada sous son rythme tendanciel, ce qui renforce l’importance d’un positionnement actif des portefeuilles.
Les vents contraires cycliques demeurent
En plus de ces changements structurels, les pressions cycliques continuent de peser sur l’économie. Les consommateurs sont devenus plus prudents alors que les conditions du marché de l’emploi s’assouplissent et que la croissance des salaires ralentit. Bien que les dépenses demeurent résilientes, l’endettement élevé des ménages continue de limiter la consommation discrétionnaire.
Le frein des flux de trésorerie sur la consommation canadienne
Utiliser : Dette du ménage par rapport au revenu disponible (%)
Sources : Statistique Canada, US Bureau of Economic Analysis, au 31 mars 2026.
Rapports financiers individuels et divulgations réglementaires supplémentaires des grandes banques à charte du Canada (RBC, TD, BMO, BNS, CIBC, Banque Nationale) au premier trimestre de 2026. Rendements obligataires au 30 juin 2026.
Les ménages canadiens continuent d’afficher des niveaux d’endettement nettement plus élevés que ceux des ménages américains, ce qui rend les consommateurs plus sensibles à la hausse des coûts d’emprunt et limite la possibilité d’un rebond généralisé des dépenses.
Le marché de l’habitation reste également sous pression. Les prix des maisons ont reculé depuis leur sommet de 2022, tandis que les stocks élevés de copropriétés en Ontario et en Colombie-Britannique continuent de peser sur l’activité. La vague restante de renouvellements hypothécaires issus de la période pandémique devrait ajouter une pression supplémentaire, les emprunteurs devant composer avec des coûts d’emprunt plus élevés.
Vague de renouvellements hypothécaires au Canada
Rajustement du taux, d’un creux record à un taux d’intérêt plus élevé
Sources : Statistique Canada, US Bureau of Economic Analysis, au 31 mars 2026.
Rapports financiers individuels et divulgations réglementaires supplémentaires des grandes banques à charte du Canada (RBC, TD, BMO, BNS, CIBC, Banque Nationale) au premier trimestre de 2026. Rendements obligataires au 30 juin 2026.
Les paiements hypothécaires plus élevés devraient continuer de peser sur les flux de trésorerie des ménages, renforçant la pression sur les dépenses de consommation.
Ces défis se reflètent dans le rendement économique global du Canada.
Ce qu’il faut retenir pour les investisseurs : Un endettement élevé des ménages, une activité plus faible dans le secteur de l’habitation et un ralentissement des dépenses de consommation devraient maintenir la croissance intérieure en deçà de son rythme tendanciel, ce qui soutient des perspectives plus constructives pour les titres à revenu fixe canadiens.
Considérations pour les investisseurs
Les marchés continuent de se concentrer sur les risques liés à l’inflation, mais sous-estiment peut-être les défis de croissance intérieure du Canada. Le ralentissement de la croissance de la population, la faible productivité, la mollesse du marché de l’habitation et l’endettement élevé des consommateurs laissent entrevoir une économie qui devrait rester contrainte, même si l’inflation ralentit.
Si la croissance continue de décevoir, la Banque du Canada pourrait disposer d’une marge de manœuvre plus grande que prévu pour assouplir sa politique monétaire. Dans ce contexte, les stratégies de titres à revenu fixe à gestion active pourraient être bien positionnées pour tirer parti de l’évolution des attentes en matière de taux, des occasions qui se dessinent sur la courbe des taux et de certaines perturbations ciblées sur les marchés du crédit.
Points à retenir
- Les moteurs de croissance traditionnels du Canada deviennent moins fiables.
- La productivité jouera un rôle plus important dans la croissance future, mais il est peu probable qu’elle s’améliore rapidement.
- L’endettement élevé des ménages et la faiblesse du marché de l’habitation continuent de contraindre l’économie.
- Les marchés pourraient sous-estimer la possibilité de taux d’intérêt canadiens plus bas.
- Le contexte macroéconomique en évolution soutient des perspectives plus favorables pour les titres à revenu fixe canadiens.
Solutions de titres à revenu fixe Mackenzie
L’évolution du contexte macroéconomique canadien pourrait favoriser les stratégies de titres à revenu fixe à gestion active, capables de s’adapter aux changements des attentes en matière de taux d’intérêt, de gérer la duration de façon dynamique et de repérer des occasions dans les différents secteurs et émetteurs. Mackenzie offre des solutions sous forme de FNB qui peuvent aider les conseillers et conseillères à positionner les portefeuilles pour cet environnement.
FNB | Symbole | Frais de gestion | Rôle dans le portefeuille |
FNB de revenu fixe à court terme canadien Mackenzie | MCSB | 0,35 % | Stratégie de revenu fixe de courte durée gérée activement, conçue pour générer un revenu tout en réduisant la sensibilité aux taux d’intérêt, au moyen d’une exposition à des titres de revenu fixe canadiens de grande qualité. |
FNB de revenu fixe canadien stratégique Mackenzie | MKB | 0,40 % | Stratégie de revenu fixe de base gérée activement, offrant la souplesse d’ajuster la duration, la répartition sectorielle et l’exposition au crédit à mesure que les conditions du marché évoluent, à la recherche d’occasions dans un vaste univers canadien de titres de première qualité. |
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