Commentaire mensuel – Équipe des placements à revenu fixe Mackenzie

Points saillants

  • Le marché a commencé à réévaluer le rythme et l’ampleur des baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (la Fed) jusqu’en 2026, et 25 points de base (pdb) ont déjà été écartés. Cette réévaluation soutient notre positionnement tactique acheteur sur le $ US, en particulier par rapport au $ CA, même si notre vision structurelle reste baissière sur le dollar par rapport à l’euro et au dollar australien.
  • Nous avons modéré notre exposition à la duration américaine, passant d’une surpondération importante à une surpondération, ce qui reflète l’incertitude accrue entourant la dynamique de la courbe, où persistent les inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed et l’inflation.
  • Au Canada, nous continuons de voir un potentiel d’accentuation de la courbe, soutenu par une clarté budgétaire. Toutefois, toute stratégie d’émission imprévue ou tout changement structurel pourrait entraîner une réévaluation du positionnement à long terme.
  • Nous avons mis fin aux opérations tactiques sur écart en France par rapport à l’Allemagne et aux États-Unis par rapport au Canada, après avoir obtenu, respectivement, l’élargissement et le rétrécissement attendus, les valorisations ayant atteint leurs niveaux cibles.
  • Dans nos fonds globaux, nous maintenons un point de vue favorable sur les marchés émergents, avec une exposition locale diversifiée au Brésil, au Mexique, en Afrique du Sud et au Pérou, pour une approche équilibrée.
Source : Placements Mackenzie. Au 30 septembre 2025.

Le point sur les marchés des titres à revenu fixe

Alors que nous entamons le quatrième trimestre 2025, le contexte macroéconomique continue d’évoluer d’une manière qui remet en question le positionnement consensuel. L’un des thèmes les plus importants que nous surveillons est la réévaluation des attentes concernant les taux de la Fed, en particulier pour 2026. Avant la baisse des taux, le marché avait déjà anticipé des baisses pouvant atteindre 150 pdb jusqu’à la fin de 2026. Cependant, avec les développements récents, nous avons déjà constaté une exclusion d’environ 50 pdb et croyons qu’il y en aura d’autres. Cette réévaluation a des implications directes pour la courbe des bons du Trésor américain, en particulier à l’extrémité avant de la courbe, où les taux pourraient devoir être revus à la hausse. Nous conservons une position acheteur tactique à l’égard du dollar américain, soutenus par l’idée que la Fed restera plus prudente que ne le prévoit le marché et que les taux d’intérêt réels pourraient rester élevés en raison d’une croissance de la productivité plus forte que prévu.

Même si l’administration finit par modeler la Fed selon ses préférences, les préoccupations concernant l’indépendance de celle-ci et l’inflation persistante pourraient entraîner une volatilité sur le marché obligataire, en particulier à long terme. Nous voyons un groupe potentiel d’investisseurs devenir méfiants à l’égard des obligations américaines nominales à long terme, en particulier si l’inflation persiste et si l’influence politique sur la politique monétaire s’intensifie. Cela dit, nous croyons que l’administration est peu susceptible de tolérer une hausse désordonnée des taux et pourrait recourir à des outils non traditionnels pour contenir tout délestage à long terme.

D’un point de vue canadien, l’incertitude entourant les relations commerciales, en particulier dans le cadre du renouvellement de l’ACEUM, pourrait peser sur la croissance. Bien que le Canada n’ait pas encore ressenti pleinement les effets de la politique tarifaire américaine, le risque demeure. Le dollar canadien pourrait enregistrer un rendement inférieur par rapport aux autres devises du G10, même si le dollar américain s’affaiblit de manière plus générale.

Positionnement

Nous voyons actuellement un potentiel de pente ascendante dans la courbe de rendement canadienne ainsi qu’un maintien d’une légère tendance à l’aplatissement aux États-Unis. Cependant, les développements récents, en particulier le signalement par le Bureau de la gestion et du budget des États-Unis de licenciements plutôt que de mises à pied temporaires, ont introduit de l’incertitude dans les perspectives de la courbe américaine. Cela nous a amenés à modérer notre positionnement en duration américaine d’une surpondération importante à une surpondération.

Sur le plan budgétaire canadien, le marché semble s’ajuster à un déficit compris entre 68 et 80 milliards de dollars. Bien que les chiffres absolus soient élevés, un budget prévoyant des dépenses importantes pourrait ne pas suffire à lui seul à déclencher une vague de ventes d’obligations canadiennes à long terme, à moins qu’il ne s’accompagne de répercussions structurelles inattendues ou qu’il n’entraîne un changement notable dans la stratégie d’émission et ne suscite une réévaluation du positionnement du marché, en particulier à l’extrémité longue de la courbe.

Bien que notre perspective structurelle reste baissière pour le dollar américain, en particulier par rapport à l’euro et au dollar australien, nous avons tactiquement opté pour une position acheteur à court terme sur le dollar américain par rapport au dollar canadien, ce qui justifie le passage d’une position surpondérée à une position neutre. Ce rajustement reflète la dynamique récente du marché, notamment la réévaluation des baisses de taux attendues de la Fed, qui a soutenu le dollar au cours des dernières semaines. Nous reconnaissons que cette position tactique va à l’encontre de notre thèse à long terme, mais les dislocations à court terme peuvent justifier une divergence temporaire.

Dans nos fonds globaux, nous avons mis fin à notre ordre de négociation sur écart États-Unis–Canada, car il avait atteint des niveaux que nous jugions attrayants, et nous étions de moins en moins convaincus qu’il y aurait un resserrement supplémentaire. Au début du présent mois, nous avons quitté tactiquement notre opération sur écart d’obligations gouvernementales France-Allemagne. La position avait été initiée en raison des attentes de volatilité politique en France, qui se sont matérialisées comme prévu, et l’écart s’est élargi en conséquence, ce qui nous a permis de monnayer l’ordre de négociation. Sur le plan des marchés émergents, nous maintenons une exposition équilibrée à la fois sur le plan des devises et de la duration. Notre répartition en devises locales se situe au Brésil, au Mexique, en Afrique du Sud et au Pérou, ce qui reflète un point de vue favorable sur les valorisations à long terme et le potentiel d’accentuation de la courbe dans certains marchés émergents.

Suivi des banques centrales

Région

Dernier taux d’inflation de l’IPC

Taux directeur

Dernière mesure prise

Prochaine date de décision

Attentes du marché

Perspectives

Canada

1,90 %

2,50 %

Baisse de 25 pdb

29 oct. 2025

Baisse de taux

Sous-pondération

États-Unis

2,90 %

4,25 %

Aucun changement

29 oct. 2025

Baisse de taux

Surpondération

Zone euro

2,00 %

2,15 %

Aucun changement

30 oct. 2025

Aucun changement

Neutre

Japon

2,70 %

0,50 %

Aucun changement

30 oct. 2025

Aucun changement

Sous-pondération

Nouvelle-Zélande

2,70 %

2,50 %

Baisse de 50 pdb

26 nov. 2025

Baisse de taux

Neutre

 

Rendement du marché des titres de créance

Les taux et les écarts des obligations à rendement élevé ont diminué en septembre, ce qui représente respectivement 68 pdb et 6 pdb de moins depuis le début de l’année, en raison des dépenses de consommation résilientes et d’une baisse de taux préventive de la Fed. Les obligations à rendement élevé ont enregistré un gain mensuel de 0,8 % en septembre, les titres notés B (+0,81 %) surclassant ceux notés BB (+0,72 %) et CCC (+0,52 %). Les secteurs ayant dégagé un rendement supérieur en septembre comprennent les médias (+3,17 %) et les ventes au détail (+3,09 %), tandis que les produits chimiques (-0,06 %) et les services (+0,07 %) ont été à la traîne.

L’indice des prêts a enregistré une légère hausse de 0,4 % en septembre, freinée par la défaillance d’un important fournisseur de pièces de rechange automobiles. Sans cet événement, l’indice aurait enregistré un rendement de 0,6 %. Ce qui a frappé, c’est la rapidité et la gravité de l’effondrement, les prix des prêts de l’émetteur ayant chuté de 95 % à 35 % en quelques semaines, ce qui a pesé lourdement sur le rendement global. Les rendements ont été mitigés dans les différents segments de notation, les prêts notés B (62 % de l’indice) ayant enregistré un rendement de 0,35 %, soit un rendement inférieur aux prêts notés BBB (24 % de l’indice), qui ont augmenté de 0,49 %. À l’extrémité la plus risquée, les prêts notés CCC ont rapporté 0,97 % pour arriver en tête du classement. Les taux de recouvrement sur le marché des prêts ont atteint des niveaux historiquement bas au cours de cette période, les émetteurs se tournant de plus en plus vers des opérations de gestion du passif pour restructurer leurs dettes en difficulté.

 

Indice

Rendement

Rendement sur 1 mois

Écart

Écart sur 1 mois

Rendement (%)

  

pdb

pdb

pdb

1 mois

3 mois

DDA

1 an

Titres de bonne qualité

        

Canada

3,90 %

-21

92

-2

1,6

1,8

4

5,2

É.-U.

4,87 %

-10

76

-4

1,4

2,6

7

3,9

Rendement élevé

 

 

 

 

 

 

 

 

Canada

5,93 %

-14

277

1

0,9

2,6

5,8

7,9

É.-U.

7,06 %

-7

280

-4

0,8

2,4

7,1

7,2

Prêts leviers É.-U.

8,25 %

-9

393

3

0,4

1,8

4,6

7,0

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