Rapport trimestriel – Équipe des actions et des titres à revenu mondiaux Mackenzie

Du bureau de l'Équipe des actions et des titres à revenu mondiaux Mackenzie Q2, 2025

Fonds mondial de dividendes Mackenzie

Faits saillants :

  • La technologie de l’information (en particulier les actions de croissance reposant sur l’IA) et les robustes bénéfices d’entreprise ont propulsé la remontée du deuxième trimestre. Malgré un gain appréciable de 1,6 %, le Fonds a pris du retard sur son indice de référence, l’indice MSCI Monde, effaçant ainsi son avance du premier trimestre.
  • Les marchés se montrent vigoureux, mais les risques sous-jacents s’intensifient. Bien que de façon moins musclée que lors de l’annonce initiale du « Jour de la libération », M. Trump demeure résolu à appliquer des droits de douane universels, au risque de freiner le PIB des États-Unis et d’alimenter l’inflation. Les répercussions sur les secteurs exigeants en main-d’œuvre des mesures d’immigration adoptées par le gouvernement américain restent à déterminer, ce qui pourrait nourrir les inquiétudes liées à l’inflation.
  • Le Fonds demeure équilibré, avec une exposition prudente à des entreprises en mesure de bénéficier des percées de l’intelligence artificielle (IA); il conserve aussi de nombreux placements dans des secteurs plus défensifs comme la santé, les services aux collectivités et les services aux entreprises.  

Les actions mondiales ont fortement rebondi après la chute d’avril, surfant sur de robustes bénéfices d’entreprises, l’optimisme des investisseurs à l’égard de l’IA et une expansion économique étonnamment durable. L’indice MSCI Monde a progressé de 5,7 % au deuxième trimestre de 2025, récupérant toutes les pertes du premier trimestre. Le Fonds a gagné 1,6 %, perdant son avance du premier trimestre; depuis le début de l’année, ses gains atteignent 3,7 %, contre 3,9 % pour l’indice de référence. La technologie et les valeurs industrielles exposées à l’IA – comme les équipements pour semiconducteurs et les infrastructures électriques – ont repris la tête du peloton. La technologie de l’information (16 %), les services de communication (11 %) et l’industrie (8 %) ont ouvert la voie. La sous-pondération des deux premiers secteurs conjuguée à leurs rendements inférieurs (12 % et 10 % respectivement) représente plus de la moitié de la sous-performance. Les placements en santé affichent de loin leur pire résultat (-7,3 %) et leur surpondération a nui au rendement par rapport à l’indice de référence, ce qui a entraîné un de leurs rendements relatifs les plus faibles en plus de 20 ans. Le secteur a continué de souffrir de l’incertitude politique aux États-Unis, des propositions de réforme des prix des médicaments aux menaces commerciales et douanières, sans oublier le scepticisme bien ancré du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux concernant l’efficacité de la médecine moderne.

La vigueur globale du marché masque des tensions sous-jacentes grandissantes. Les actions semblent progresser non pas en raison d’une abondance de bonnes nouvelles, mais parce qu’une partie des mauvaises nouvelles (les perturbations douanières) ont été reportées ou prises en compte. Le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans a atteint un creux à la fin du trimestre, mais il est remonté à 4,4 %, car on ignore les répercussions définitives des droits de douane réciproques du président Trump qui changent constamment.

Les données économiques récentes sont inégales. Les dépenses personnelles réelles ont baissé en mai, tandis que les investisseurs demeurent confiants, mais prudents du côté du secteur manufacturier. La production des usines et les dépenses en capital se contractent à l’échelle mondiale, tandis que les banques centrales renouent avec l’attentisme, se demandant s’il faudrait réagir au ralentissement de la croissance ou à la montée des prix. C’est un point de friction aux États-Unis, où l’on croit que le président de la Réserve fédérale Jerome Powell est dans le collimateur du président Trump, celui-ci ayant clairement exprimé son désir de voir les taux d’intérêt baisser. Nous partageons l’avis du chef de la direction de JP Morgan, Jamie Dimon, selon lequel il est « crucial » que la banque centrale reste indépendante. Toute influence ou manipulation perçue peut avoir des conséquences démesurées sur les flux de capitaux mondiaux, en ce qu’elle peut avoir une incidence sur les titres du Trésor et le dollar américains, qui soutiennent les marchés financiers du monde entier.

Le programme du « Jour de la libération » de Donald Trump n’a pas tardé à redéfinir les relations commerciales des États-Unis. Une déferlante de droits de douane unilatéraux a été déclenchée sous le prétexte de la réciprocité, visant des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, et suscitant de vifs reproches d’alliés traditionnels du monde entier, dont le Canada et l’Europe. Bien que certains droits aient été reportés au 1er août afin de poursuivre les négociations, l’intention est claire : réorganiser la chaîne d’approvisionnement mondiale pour ce que l’on perçoit comme l’intérêt national.

D’abord traversés par un vent de panique à la suite des annonces d’avril, les marchés se sont ressaisis, supposant que le pragmatisme reprendrait le dessus sur l’idéologie. Jusqu’à présent, c’est en partie le cas. En échange d’engagements de délocalisation régionale de la chaîne d’approvisionnement et de « cadres » commerciaux, l’administration a assoupli certaines conditions. Le coût économique cumulatif de ces bouleversements pourrait toutefois commencer à se faire sentir. Si toutes les menaces douanières des derniers temps se concrétisent, les droits d’importation moyens passeront de moins de 3 % en début d’année à plus de 18 % d’ici le mois d’août. Cet élément constitue à lui seul un frein d’environ 2 % pour le PIB, et ce sont les entreprises et la population américaines qui essuieront de 60 à 80 % des coûts.

Dans ce contexte, et face à la montée des attentes inflationnistes et à l’explosion des déficits budgétaires, le billet vert a perdu du terrain. De fait, l’indice du dollar a chuté de près de 11 % au premier semestre de 2025, son pire début d’année depuis 1973, lorsque les États-Unis avaient abandonné le système de Bretton Woods. Bien que la « grande et belle loi » (One Big Beautiful Bill Act; OBBBA) ait évité le mur budgétaire en prolongeant les principales réductions d’impôt de la Tax Cut and Jobs Act, elle met aussi en place des prélèvements propres aux secteurs et des subventions industrielles, et hausse les dépenses en défense et application de la loi, le tout étant financé en grande partie par l’emprunt. Malgré les éléments de la loi susceptibles de stimuler l’économie (crédit d’impôt relatif aux semiconducteurs, amortissement supplémentaire pour les usines et dépenses engagées en défense), la trajectoire du déficit demeure préoccupante. Et à présent que la Fed interrompt son cycle de réduction des taux en raison de l’incertitude à l’égard de la politique à adopter, les rendements réels sont sous pression.

Les actions de marchés émergents profitent de la faiblesse du dollar américain et certains marchés – en Asie particulièrement – continuent d’attirer des capitaux en raison de la résilience de la demande intérieure et de facteurs favorables à la technologie. La production industrielle de Taïwan est en plein essor, grâce à la demande mondiale de semiconducteurs nourrie par l’IA, tandis que la confiance des entreprises se raffermit au Japon, bien qu’avec prudence. En Europe, l’activité économique reste inégale. La BCE est tiraillée entre la nécessité, d’une part, de stabiliser les anticipations inflationnistes et, d’autre part, de composer avec l’imprévisibilité de M. Trump en ce qui a trait à la politique commerciale à l’égard du bloc européen.

Un risque que l’on sous-estime pour le deuxième semestre de 2025 est la pénurie de main-d’œuvre, exacerbée par les mesures musclées de l’administration américaine en matière de déportation et d’immigration. Les communautés immigrées ont compté pour deux tiers de la croissance de la main-d’œuvre au cours de la présente décennie et travaillent de façon disproportionnée dans les secteurs où les prix dépendent le plus des salaires, comme l’agriculture, l’hôtellerie, la transformation des aliments et la construction. Si elle est appliquée, l’énorme augmentation du budget de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) prévue par l’OBBBA pourrait entraîner des pressions inflationnistes non intentionnelles au fil du temps, surtout dans les services et les produits alimentaires, secteurs reposant davantage sur le travail de personnes immigrantes sans papiers. On constate déjà un plus grand nombre de postes à pourvoir dans les secteurs qui dépendent de l’immigration, et les salaires de la partie inférieure de la fourchette de revenus ont commencé à se raffermir. Si le phénomène peut soutenir la consommation à court terme des cohortes à faible revenu, il risque aussi de provoquer une inflation persistante au moment où la Réserve fédérale tente de revenir à une politique d’assouplissement. Si les pénuries de main-d’œuvre persistent, les conséquences à long terme sur la productivité pourraient être plus préoccupantes, avec des effets secondaires évidents sur les marges bénéficiaires et la croissance du PIB.

Dans un monde de plus en plus polarisé, les investisseurs et investisseuses doivent relever un défi bien plus complexe que de choisir entre la prise de risque et la réduction du risque. Les incertitudes persistantes liées aux droits de douane, à l’immigration, aux déséquilibres budgétaires et à la politique étrangère ne sont pas théoriques, mais bien présentes, et elles s’intensifient. Avec un rendement des flux de trésorerie disponibles aux États-Unis environ 100 points de base sous celui des obligations du Trésor à 10 ans (l’écart de taux le plus prononcé en 20 ans), les valorisations intègrent un retour en douceur à une inflation bénigne, à une politique d’assouplissement monétaire de la Fed et (finalement) à la stabilité géopolitique. Il convient de dire qu’aucune de ces hypothèses n’est garantie.

Pour nos porteurs et porteuses de parts, l’équilibre demeure la règle d’or. Bien que l’IA et le rapatriement de la production industrielle demeurent des thèmes à long terme attrayants, une exposition sélective aux titres défensifs (services aux collectivités, santé et actifs réels, en particulier) protège contre la volatilité. Les signaux liés aux actifs croisés laissent entrevoir des tensions croissantes : la volatilité se propage, l’or a flambé de 25 % depuis le début de l’année et le Bitcoin a franchi le cap des 100 000 $ dans un contexte où Washington se montre favorable aux cryptomonnaies. En résumé, le marché se montre optimiste tout en prenant certaines précautions. Il paraît prudent d’adopter une position intermédiaire, c’est-à-dire ni dans la prise de risque immodérée ni dans le repli défensif. Des gains peuvent toujours se présenter, mais il faut prendre garde aux écueils politiques et macroéconomiques. Nous restons optimistes, tout en prenant des décisions prudentes; notre portefeuille constitué d’entreprises de qualité aux bilans sains demeure structuré pour faire face à un monde d’une complexité grandissante. 

Ce qui a contribué au rendement

Microsoft (26 %) et NVIDIA (38 %) ont enregistré certains des meilleurs rendements de la période. Après leur sous-performance du premier trimestre attribuable en partie à la réaction du marché au lancement du modèle chinois DeepSeek R1, les deux titres ont fortement rebondi au deuxième trimestre, le marché réalisant que les gains en efficacité des grands modèles de langage (GML) pourraient ne pas être si mauvais pour ces entreprises, qui affichent par ailleurs des résultats financiers exceptionnels. La demande de puces d’IA Blackwell de nouvelle génération de NVIDIA est restée soutenue. Cette dynamique a été renforcée par la forte croissance des services d’inférence producteurs de revenus et des activités de mise en réseau, stimulée par les technologies NVLink et les commutateurs Ethernet Spectrum-X, qui ont permis d’ajouter deux nouveaux clients exploitant des centres de données à très grande échelle. Microsoft a publié d’excellents résultats pour Azure dans tous les domaines. L’apport du volet IA s’accélère, tandis que les autres segments ont profité de la hausse des migrations vers le nuage et de l’augmentation des charges de travail en données et analyse. Les commentaires de la direction et les résultats ont par ailleurs apaisé les inquiétudes concernant la demande d’IA suscitées par les annulations de baux de centres de données. À la fin de l’exercice se terminant en juin, Azure devrait représenter plus de 25 % du chiffre d’affaires de la société ou 75 milliards de dollars. Il y a dix ans, ces activités comptaient pour moins de 1 milliard de dollars.

BAE Systems (23 %) a contribué au rendement du deuxième trimestre et affiche une hausse de 72 % depuis le début de l’année. La remilitarisation de l’Europe occidentale, sous la pression des États-Unis et face aux réalités géopolitiques du continent, a entraîné une accélération des dépenses de défense des pays de l’OTAN, certains ayant triplé leur effort en pourcentage du PIB. Si les alliés européens de l’OTAN atteignent la cible de 3,5 % du PIB d’ici 2035, les dépenses militaires pourraient passer de 400 à 800 milliards de dollars. En tant qu’entrepreneur principal numéro un à l’extérieur des États-Unis, BAE Systems profite largement de ce changement d’orientation, et est en mesure d’afficher des taux de croissance interne de son chiffre d’affaires et de son bénéfice approchant les 10 % au cours de la prochaine décennie, comparativement aux taux inférieurs à 5 % de la décennie précédente. Bien que la valorisation ait indéniablement augmenté (23 fois le ratio C/B prévisionnel), nous croyons que l’entreprise se négocie toujours à un juste prix compte tenu de l’expansion sur plusieurs années de son marché potentiel.

L’exploitant aéroportuaire espagnol Aena SA (+13 %) s’est aussi illustré par son bon rendement dans le secteur de l’industrie. Après avoir enregistré un nombre record de visites en 2024, l’Espagne continue de connaître une excellente croissance touristique. Les divisions de l’aviation et de la vente au détail avaient enregistré de bonnes ventes au premier trimestre, avec des revenus commerciaux sous-jacents par passager en forte hausse. Les résultats des boutiques hors taxes se redressent, les rénovations touchant à leur fin, tandis que les services de location de voitures et « VIP » continuent de croître. Aena possède des actifs irremplaçables et un fort pouvoir de marché ainsi qu’une bonne marge de manœuvre pour déployer des capitaux et étendre son réseau d’aéroports nationaux avec un rendement du capital bien supérieur à son coût. La société dispose aussi d’abondants flux de trésorerie disponibles à distribuer sous forme de dividendes (rendement de 4,6 %).

Ce qui a nui au rendement

Apple (-12 %) a sous-performé au deuxième trimestre, certaines des fonctionnalités d’Apple Intelligence les plus attrayantes ayant connu des retards, tandis que la menace de droits de douane a suscité des inquiétudes chez les investisseurs et investisseuses, la plupart des produits Apple étant fabriqués en Chine et expédiés à l’échelle mondiale. La Chine est également la deuxième source de bénéfices de l’entreprise après les États-Unis. Apple a déçu à la World Wide Developper Conference, ce qui a conduit le marché à s’interroger sur le manque de progrès de ses initiatives en matière d’IA. Nous conservons une participation dans Apple, car nous croyons qu’il existe des façons de rentabiliser son bassin de plus de 2,35 milliards d’utilisatrices et utilisateurs actifs compatibles avec sa démarche consistant à se tenir à l’écart de la course à l’entraînement de modèles et à intégrer en fin de compte des outils de GML (conçus ou non par des tiers) dans son système d’exploitation iOS au moyen de l’inférence sur l’appareil ou embarquée et de l’infonuagique hybride.

Le secteur de la santé arrive en queue de peloton au deuxième trimestre. Affichant son plus faible rendement relatif en plus de 20 ans, il a perdu les gains réalisés au premier trimestre. En début d’année, le secteur avait profité d’une ruée vers les valeurs défensives dans la foulée des craintes associées aux droits de douane et à l’incertitude macroéconomique, mais la tendance s’est rapidement renversée lorsqu’on s’est remis à miser sur le risque, la croissance et les titres cycliques soutenus par l’IA. Le phénomène a été exacerbé par la hausse des taux à long terme, qui a pesé sur les secteurs à dividendes élevés comme les sociétés pharmaceutiques, ainsi que par les préoccupations persistantes liées au programme politique du chef du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, RFK Jr, les réductions proposées au programme Medicaid dans l’OBBBA, les discussions autour de la fixation des prix des médicaments selon la clause de la nation la plus favorisée et les pressions sur le budget des National Institutes of Health (NIH). Principal placement pharmaceutique du Fonds, AbbVie (-15 % au cours du trimestre) a essuyé ces vents contraires et effacé tous ses gains du trimestre précédent. Le délestage a été aggravé par une charge hors trésorerie non récurrente d’environ 800 millions de dollars en recherche et développement liée à l’acquisition de produits en développement, ce qui a pesé sur le BPA annoncé et entraîné une légère réduction des prévisions. La société reste malgré tout l’une des mieux placées du secteur pharmaceutique à grande capitalisation. Sa gamme de produits en immunologie – soutenue par Skyrizi et Rinvoq – poursuit sa croissance à deux chiffres. Ces deux médicaments ont été conçus pour prendre la relève d’Humira, l’ancien produit vedette d’AbbVie, face à l’érosion causée par les biosimilaires. Ensemble, Skyrizi et Rinvoq couvrent désormais presque toutes les indications de base d’Humira, avec des profils d’efficacité et d’innocuité supérieurs, et sont en bonne voie de remplacer et dépasser le chiffre d’affaires record d’Humira de plus de 20 milliards de dollars d’ici 2027, ce qui assurera le leadership d’AbbVie en immunologie pour la prochaine décennie. Ses activités liées au Botox et à la médecine esthétique contribuent à diversifier les flux de trésorerie à marge élevée, tandis que les produits en développement pour le traitement des affections neurologiques offrent une option à plus long terme dans des domaines comme la dépression et la maladie de Parkinson. AbbVie dispose par ailleurs d’un portefeuille étoffé et dynamique de produits en phase avancée de développement, génère de solides flux de trésorerie disponibles et dispose de brevets pour ses actifs clés valides jusque dans les années 2030. Elle demeure notre principal placement en santé, et nous sommes optimistes à l’égard de ses perspectives à long terme.

Motorola Solutions (-8,7 %) a subi des ventes massives après la publication de ses résultats malgré la vigueur généralisée de ses principaux indicateurs financiers, soit un chiffre d’affaires en hausse de 6 % et une croissance du BPA de plus de 13 % grâce à une expansion des marges d’exploitation de plus de 160 points de base. La faiblesse a été attribuée à une baisse de 2 % du carnet de commandes par rapport au trimestre précédent, ce que le marché a interprété comme un risque pour la croissance. En contexte, cet état de fait nous préoccupe moins. D’abord, au début du trimestre, les commandes en attente étaient élevées par rapport aux niveaux antérieurs, donc une certaine normalisation était à prévoir. La direction a aussi indiqué que le carnet de production resterait supérieur à 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, ce qui laisse entendre une accélération des prises de commandes à partir de maintenant. Le carnet de commandes pour les services et logiciels demeure bien garni, ce qui soutient notre hypothèse d’une amélioration continue de la composition des revenus et des marges. Il s’ensuivra une robuste croissance des bénéfices, des flux de trésorerie disponibles et des dividendes.

Le groupe LVMH a chuté de 18,6 % au cours du trimestre et accuse maintenant une baisse de plus de 23 % en 2025. Le titre suit en effet une pente descendante depuis deux ans. Plusieurs facteurs sont en cause : la faiblesse persistante de la demande de biens de consommation en Chine (l’un des principaux marchés du groupe), la pression dans le secteur de la mode et des articles en cuir (segment le plus rentable de LVMH) et la prudence des dépenses aux États-Unis. L’incertitude liée aux droits de douane a également nui aux biens de luxe européens. Nous persistons à croire que ces enjeux sont de nature conjoncturelle plutôt que structurelle, et nous sommes convaincus que le pouvoir bénéficiaire à long terme de LVMH dépasse largement son niveau actuel. Malgré les déceptions des derniers temps, LVMH est le principal conglomérat de mode au monde; il possède Louis Vuitton et plusieurs autres marques emblématiques telles que Christian Dior, Fendi, Tiffany, Givenchy, Dom Pérignon et Hublot. Nous restons optimistes à l’égard du chef de la direction Bernard Arnault – dont les compétences en répartition de capitaux sont reconnues dans le monde – pour aider le groupe à sortir de cette ornière.

Changements apportés au Fonds mondial de dividendes Mackenzie

Nous avons liquidé notre position dans Chevron au cours du trimestre, réaffectant l’essentiel des fonds dans Exxon Mobil et le reste dans le géant des pipelines Williams. Bien que Chevron reste une entreprise de la liste de l’équipe de rêve profitant d’excellents actifs dans les bassins permien et Denver-Julesburg, d’une exposition au GNL en Australie et d’une forte croissance de sa coentreprise TCO au Kazakhstan, l’équipe a jugé prudent de se retirer en raison du risque lié à l’acquisition de Hess et à l’arbitrage en cours. Bien que Chevron ait en fin de compte réussi à acquérir Hess (après la fin du deuxième trimestre), ainsi que ses actifs à faible coût en Guyane, Exxon bénéficiait déjà de projets dans le même bloc en Guyane. Exxon vise une croissance de la production dans le premier décile de l’industrie (4 %) et une augmentation de 10 % de ses flux de trésorerie disponibles grâce aux solides actifs détenus dans le bassin permien depuis l’acquisition de Pioneer, ainsi qu’à sa division de raffinage et de produits chimiques spécialisés parmi les plus performantes du secteur. Au moment de la transaction, les deux entreprises affichaient des valorisations similaires, mais Exxon offrait plus de certitude. Malgré la priorité donnée à la baisse des prix de l’énergie par l’administration Trump, nous continuons de croire que la demande mondiale de pétrole dépassera l’offre mondiale à moyen terme. Exxon (et Chevron) continue de miser sur des projets à faible coût et à forte croissance tout en offrant au portefeuille un rendement en dividendes attrayant. 

Sony a été retirée du portefeuille au dernier trimestre. Placement de longue date du portefeuille, Sony a été l’une des premières à adopter les réformes de gouvernance d’entreprise au Japon – un thème auquel nous continuons d’adhérer par l’intermédiaire de nos autres placements japonais. Au fil de nos échanges, il est devenu évident que la direction se montrait de plus en plus réticente à poursuivre la rationalisation de ses segments d’activité. Le ralentissement des progrès en matière de gouvernance d’entreprise nous porte à croire que nos autres participations japonaises offrent à l’heure actuelle une meilleure visibilité et un rendement attendu à long terme plus intéressant.

Nous avons liquidé le placement dans Hannover Rueck durant la période. Le dernier trimestre a révélé à quel point la volatilité dans le segment de la réassurance est devenue impitoyable : les feux de forêt en Californie et un ensemble d’événements de moindre ampleur ont généré pour 765 millions d’euros des déclarations majeures de sinistre, soit 75 % au-dessus du budget trimestriel, portant le ratio combiné à 93,9 %. En outre, le retour de la capacité sur le marché annonce un cycle de baisse des tarifs susceptible de limiter la reconstitution des marges. Avec des rendements assujettis à l’inflation des sinistres liée au climat ainsi qu’à des tarifs à la baisse, nous estimons que d’autres sociétés du domaine de l’assurance présentent un potentiel de hausse mieux ajusté au risque, notamment le courtier d’assurance de premier plan à l’échelle mondiale Marsh & McLennan.

Dans la foulée des turbulences causées en début d’année par la nouvelle administration américaine, la structure de coûts de Techtronic a été remise en question, plus des deux tiers de sa base de production provenant de Chine et du Vietnam, tous deux menacés de lourds droits de douane. En conséquence, la société devrait investir un montant important pour transformer sa base de production aux États-Unis et au Mexique. Techtronic génère aujourd’hui des marges plus élevées que ses pairs, mais il pourrait lui être difficile de maintenir cette surperformance tout au long de la période d’investissements. Bien que Techtronic reste sur la liste de l’équipe de rêve, nous avons estimé que le capital investi pourrait être mieux utilisé ailleurs dans le portefeuille et avons vendu les actions restantes que nous possédions ce trimestre.

La participation dans AstraZeneca a été vendue au dernier trimestre, principalement pour des raisons de gestion de portefeuille liées à nos placements dans le secteur pharmaceutique. Cela dit, la thèse de placement avait été affaiblie par l’augmentation des risques de gouvernance et de réglementation en Chine (pays représentant environ 13 % du chiffre d’affaires du groupe), l’augmentation des enquêtes concernant les fraudes d’assurance et les importations de médicaments non autorisés ayant conduit la direction à émettre une mise en garde concernant d’éventuelles amendes de plusieurs millions de dollars, qui s’ajouteraient au risque réputationnel. De plus, la croissance est passée de taux à deux chiffres à un niveau plus modeste, dans le haut de la fourchette à un chiffre, et certains produits oncologiques en phase avancée de développement ont connu des revers, ce qui pourrait nuire à l’action à mesure que le marché commence à escompter les expirations de brevets prévues dans quelques années. AstraZeneca fait toujours partie de notre liste de l’équipe de rêve, et nous envisagerons d’y revenir si la société parvient à renforcer son portefeuille de médicaments en développement à long terme et à surmonter certaines de ses difficultés à plus court terme. 

Chef de file mondial de la fabrication de batteries pour véhicules électriques et de systèmes de stockage d’énergie, Contemporary Amperex Technology Co. Ltd. (CATL) joue un rôle essentiel dans l’électrification des transports et la décarbonisation des systèmes énergétiques. L’entreprise détient plus de 35 % de la part de marché mondiale et capte plus de 90 % des profits générés à l’échelle mondiale dans le secteur des batteries. CATL fournit des constructeurs d’origine de premier plan tels que Tesla, BMW, VW, Mercedes-Benz, et presque tous les constructeurs automobiles chinois. Les avantages structurels de CATL, notamment un taux d’utilisation supérieur à 80 %, la plus faible intensité de dépenses en capital (moins de 50 M$ par GWh) ainsi que sa position de chef de file dans les technologies LFP, LMFP, NCM et les batteries à électrolyte solide, lui permettent de proposer des prix inférieurs à ceux de ses concurrents en générant un rendement supérieur. L’entreprise s’est forgé un avantage durable grâce à une intégration verticale, à un solide portefeuille de propriété intellectuelle et à une maîtrise des coûts fondée sur l’effet d’échelle, autant de facteurs qui l’ont placée au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales des véhicules électriques. Ses innovations en chimie des cellules et en efficience de production continuent de réduire les coûts des batteries tout en augmentant leur densité énergétique. Ce qui distingue CATL, c’est sa stratégie axée sur la technologie, qui lui a permis de profiter d’avantages de précurseur dans des segments clés comme la chimie des batteries LFP (lithium-fer-phosphate), la batterie en tant que service (BaaS) et la conception de batteries sodium-ion. L’entreprise a réalisé des investissements stratégiques dans des actifs miniers de lithium, cobalt et nickel, garantissant ainsi la sécurité de ses matières premières, qui représente un obstacle majeur pour ses concurrents. De plus, l’accent mis sur les batteries définies par logiciel et les chimies à longue durée de vie va de pair avec l’accélération du développement des systèmes de stockage d’énergie et d’autres applications commerciales. La position de chef de file de CATL dans la transition vers les véhicules électriques, ses capacités avérées en recherche et développement et l’élargissement de son marché potentiel total soutiennent sa proposition de valeur à long terme. La double cotation de CATL, récemment cotée à la Bourse de Hong Kong, illustre l’évolution de l’entreprise, passée d’une société chinoise nationale à un véritable acteur mondial dominant possédant un actionnariat en expansion à l’échelle mondiale. Bien que le secteur des batteries soit cyclique et nécessite beaucoup de capital, la capacité de CATL à faire fructifier durablement ses capitaux même en période de repli, sa fidélisation stratégique de la clientèle, son alignement avec les objectifs mondiaux en matière de politiques climatiques, combinés au fait que nous avons acquis les actions à un ratio C/B de 15, avec un rendement des flux de trésorerie disponibles de 10 % et un rendement en dividendes de 3 %, renforcent notre confiance pour l’avenir.

Nous considérons en fait l’achat de CATL comme une amélioration par rapport à Glencore plc, qui a été liquidé. Il s’agit manifestement d’un cas où nous montons dans la « chaîne de valeur » en ce qui concerne nos placements. Nous vendons un producteur de cuivre et de cobalt pour acheter un fabricant à valeur ajoutée occupant une position dominante de fournisseur de batteries à l’échelle mondiale. Bien que Glencore dispose toujours d’actifs miniers avantageux et à faible coût selon nous, la hausse des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre, conjuguée à des résultats décevants dans la production de cuivre (baisse de 30 % sur un an), ainsi qu’à un prix du charbon déprimé, a rendu la transition vers CATL relativement évidente, c’est-à-dire que nous estimons avoir acquis une entreprise de meilleure qualité à un escompte plus important par rapport à la valeur intrinsèque.

Nous avons également vendu notre position dans Siemens AG au cours du trimestre et utilisé le capital pour étoffer nos participations dans Keyence et Schneider Electric, afin d’investir dans les tendances à long terme que sont l’automatisation, l’électrification des réseaux et la transformation numérique en misant sur des entreprises de meilleure qualité. Keyence et Schneider sont toutes deux moins gourmandes en capital, affichent de plus grandes marges et présentent une structure moins complexe que Siemens, qui a toujours une division de services financiers (ce qui fausse le bilan) et détient plus de 70 % de Siemens Healthineers, une entreprise d’équipement médical et de diagnostic de 50 milliards d’euros. Bien que Siemens reste dans notre liste de l’équipe de rêve, nous croyons qu’il est plus judicieux pour le portefeuille, à ce stade, de privilégier des titres plus directement spécialisés aux prix auxquels nous avons pu les acquérir.

L’Oréal est la plus grande entreprise mondiale de produits de beauté. Elle possède le plus vaste portefeuille de marques et une gamme de prix étendue dans des catégories comme le maquillage, les soins de la peau, les soins et colorations capillaires et les parfums. La société détient certaines des marques de beauté les plus reconnues au monde, telles que L’Oréal Paris, Garnier, Maybelline, Lancôme, Kiehl’s, La Roche-Posay et CeraVe. L’Oréal est tout simplement l’entreprise phare du secteur mondial de la beauté; elle augmente de façon constante ses parts de marché depuis 25 ans, battant invariablement la concurrence au chapitre de la performance, de la croissance et des marges. L’entreprise s’appuie sur son capital de marque et sur l’avantage que lui confère sa taille pour continuer de réinvestir dans une stratégie marketing bien rodée afin de soutenir ses marques et le lancement de nouveaux produits. Cet avantage d’échelle se manifeste notamment par sa capacité à investir davantage dans le marketing, en dollars absolus, que ses deux principaux concurrents, tout en conservant de plus grandes marges. Ce placement constitue pour nous un rehaussement de qualité par rapport à Haleon, qui a été vendu. Du point de vue des marques, le portefeuille de produits de santé grand public en vente libre d’Haleon (Sensodyne, Advil, Centrum) dispose d’un pouvoir de fixation des prix plus limité en période d’inflation, comme en témoigne l’évolution de ses marges brutes. De plus, du profil de croissance d’Haleon, qui se situait selon nous autour de 5 %, nous passons à un profil supérieur, juste sous les 10 % avec L’Oréal. Si l’on prend en compte l’intensité capitalistique plus élevée d’Haleon, on obtient un rendement du capital plus faible pour cette dernière, à long terme, que pour L’Oréal. Haleon fait toujours partie de notre liste de l’équipe de rêve.

Marsh & McLennan (MMC) est le chef de file mondial du courtage en assurance et des services de gestion de risque par l’entremise de ses divisions Marsh et Guy Carpenter (qui génèrent environ les deux tiers de son chiffre d’affaires), tout en occupant des positions de premier plan dans les services-conseils en capital humain (Mercer) et les services-conseils en gestion (Oliver Wyman), qui représentent la part restante de son chiffre d’affaires. S’appuyant sur plus de 150 ans d’histoire et sur des revenus diversifiés issus de l’assurance, de la réassurance ainsi que des conseils en santé et en gestion de patrimoine, MMC tire sa force de sa taille, de son capital intellectuel et de la solidité de ses relations avec la clientèle. Affichant des taux de fidélisation de la clientèle dépassant 90 %, la société produit de façon constante des flux de trésorerie disponibles à forte marge et exploite un modèle peu capitalistique – autant de caractéristiques qui soutiennent sa capacité à réinvestir, à suivre une stratégie rigoureuse de fusions et acquisitions, et à rembourser du capital aux actionnaires au moyen d’un dividende croissant et de rachats d’actions. MMC traverse relativement bien les cycles économiques, étant donné ses activités de réassurance contracycliques et son rôle essentiel auprès de la clientèle dans la gestion de risques variés allant des cybermenaces au climat, en passant par les chocs géopolitiques. L’entreprise est en mesure de tirer parti d’un durcissement du marché de l’assurance commerciale et d’une demande élevée de services-conseils en gestion de risque en période d’incertitude économique. Dans un environnement où la stabilité, le pouvoir de fixation des prix et les revenus récurrents sont particulièrement recherchés, le profil de bénéfices relativement prévisible de MMC et sa capacité à produire des liquidités offrent un équilibre intéressant entre stratégie offensive et stratégie défensive.

Unilever est un chef de file mondial du secteur des biens de consommation courante, reconnu pour son évolution rapide, exerçant ses activités dans plus de 190 pays et possédant des marques emblématiques comme Dove, Hellmann’s et Knorr. Son avantage concurrentiel découle de la force de son capital de marque, d’un réseau de distribution mondial inégalé et de décennies consacrées à l’étude approfondie des marchés locaux et à l’innovation. Environ 60 % du chiffre d’affaires provient des marchés émergents, ce qui constitue un puissant moteur de croissance des volumes à long terme, dans un contexte où la hausse des revenus et l’urbanisation stimulent la consommation par personne de produits d’hygiène et de produits ménagers. La position de chef de file d’Unilever dans sa catégorie et sa taille importante lui confèrent un certain pouvoir de fixation des prix et des économies de coûts encore plus importantes dans l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement. Son équipe de direction suit depuis longtemps un modèle économique axé sur le développement durable, ce qui interpelle les jeunes, accroît la fidélité à ses marques et crée des occasions de montée en gamme. Les engagements d’Unilever en matière de développement durable vont dans le sens des pressions réglementaires croissantes et de l’évolution des exigences des détaillants à l’échelle mondiale. Les priorités stratégiques récentes de la société – telles que la rationalisation de son portefeuille et une focalisation accrue sur des segments à forte croissance comme la beauté et le bien-être ou la nutrition fonctionnelle – devraient améliorer la qualité de ses bénéfices et son profil de marge à long terme. Bien que des freins à court terme comme la hausse des coûts et la volatilité des changes puissent nuire aux résultats d’Unilever, sa capacité soutenue à produire des flux de trésorerie, sa discipline en matière de répartition du capital et sa politique de dividende progressif appuient notre thèse de placement. Sur l’ensemble du cycle économique, nous estimons qu’Unilever reste bien placée pour offrir un rendement supérieur grâce à son exécution solide, à sa présence dans des marchés finaux porteurs et à ses produits qui demeurent pertinents pour les consommateurs.

Troisième groupe de communication en importance au monde, Publicis Groupe exploite un portefeuille diversifié d’actifs publicitaires, médiatiques et de marketing numérique à l’échelle mondiale. L’entreprise est devenue un géant du marketing axé sur le numérique et guidé par les données en intégrant ses compétences créatives aux services-conseils, aux médias et à la technologie, ce qui la place à l’avant-garde des mutations structurelles du secteur publicitaire. L’un des principaux facteurs expliquant le leadership durable de Publicis est son investissement conséquent dans les plateformes de données et de technologies, notamment par l’acquisition d’Epsilon. L’entreprise est ainsi à même d’offrir des solutions mesurables et ciblées à sa clientèle mondiale, qui cherche de plus en plus à optimiser l’efficacité de ses dépenses en marketing. Grâce à cette architecture, Publicis est mieux équipée que ses concurrents pour répondre à la demande croissante de marketing personnalisé et omnicanal, tout en respectant la réglementation sur la protection des données personnelles. Ce qui distingue Publicis, c’est son modèle unique « Power of One », une approche entièrement intégrée et centrée sur la clientèle mobilisant toutes les expertises pour répondre à ses besoins. Cette structure a renforcé la fidélisation, entraîné des gains de parts de marché et permis à Publicis de décrocher des mandats mondiaux stratégiques, notamment dans des secteurs comme les produits de consommation courante, la santé et la technologie. L’empreinte géographique diversifiée de l’entreprise et la répartition équilibrée de ses sources de revenus renforcent sa résilience à toutes les phases des cycles économiques. Publicis continue de bien exécuter sa stratégie dans un contexte macroéconomique difficile. Son bilan dépourvu de dettes, sa production régulière de flux de trésorerie disponibles et sa politique disciplinée de rendement du capital offrent une protection supplémentaire contre les risques de baisse. Se négociant nettement moins cher que ses homologues mondiaux du conseil et du monde des agences numériques, Publicis représente selon nous une occasion attrayante de détenir une entreprise mondiale structurée pour le marketing moderne : de plus en plus numérique et axé sur les données.

Cisco demeure le chef de file mondial des réseaux d’entreprise avec une part de marché d’environ 40 % et un parc informatique solidement intégré de plus d’un milliard de terminaux. Sa force réside dans les réseaux de campus, où l’entreprise détient une part de marché plus de quatre fois supérieure à celle de son plus proche concurrent, soutenue par un portefeuille complet couvrant la commutation, le routage, le sans-fil, la sécurité et la gestion de réseau. Cisco opère une transition vers un modèle plus axé sur les logiciels et les abonnements. Grâce à l’acquisition de Splunk pour 28 milliards de dollars, 56 % de ses revenus sont désormais récurrents et les deux tiers proviennent des logiciels. Cisco est aujourd’hui le numéro deux mondial de la cybersécurité et figure parmi les cinq principaux acteurs de l’observabilité, deux marchés qui connaissent une croissance légèrement supérieure à 10 %. Bien que les cycles de mise à niveau des campus aient traditionnellement un impact limité sur le chiffre d’affaires, 2025 marque le huitième anniversaire de la dernière grande mise à jour de Cisco, ce qui devrait stimuler les ventes. Cisco s’est également associée à Nvidia pour lancer des modules d’IA (AI PODs) auprès des entreprises afin de leur offrir une infrastructure d’IA locale. À 1 million de dollars l’unité, ces modules pourraient offrir des revenus supplémentaires même si leur adoption était limitée. Nous croyons que la taille importante de Cisco, son rôle essentiel dans les infrastructures, l’essor de son activité logicielle et le nouveau cycle de produits à venir (sans oublier un rendement en dividendes de 2,6 %) devraient offrir aux investisseurs et investisseuses un rendement annuel légèrement supérieur à 10 % relativement sûr au cours des prochaines années.

Chef de file mondial des semiconducteurs pour téléphones intelligents, Qualcomm détient une part de marché dominante de 42 % dans le segment des fabricants Android, et fournit des modems sans fil haut de gamme à pratiquement tous les grands fabricants d’équipement d’origine. L’entreprise fonctionne selon un modèle qui ne compte aucune usine de production et à faible intensité en capital, ce qui lui permet d’afficher des marges brutes autour de 55 % et un rendement du capital de 20 à 25 %. Bien que l’activité principale de Qualcomm dans le secteur des téléphones mobiles reste liée à un marché mondial des téléphones intelligents arrivé à maturité, l’entreprise s’est progressivement repositionnée en élargissant son portefeuille de puces aux secteurs de l’automobile, de l’Internet des objets et de l’informatique, chacun offrant une meilleure valeur par appareil et des marchés cibles plus importants au fil du temps. La plateforme Snapdragon de l’entreprise, qui intègre processeur central, processeur graphique, modem et capacités d’IA, est de plus en plus adaptée aux nouveaux usages émergents, de l’aide à la conduite dans les véhicules à l’intelligence artificielle générative embarquée sur l’appareil. Le processeur personnalisé Oryon, le processeur graphique Adreno et l’unité de traitement neuronal Hexagon de Qualcomm rivalisent désormais avec les meilleures solutions du marché et illustrent l’évolution de l’entreprise, passée d’un spécialiste des radios mobiles à un acteur diversifié de l’informatique en périphérie. Malgré le déclin inévitable des revenus provenant d’Apple au cours des prochaines années, Apple internalisant ses activités liées aux modems (moins de 15 % des bénéfices), Qualcomm conserve de solides avantages concurrentiels grâce à sa propriété intellectuelle (via sa division de licences QTL) et à sa position dominante dans les puces haut de gamme Android. Son segment automobile, soutenu par un carnet de commandes en cours de conception de 45 milliards de dollars et ses ambitions sur le marché des PC utilisant des processeurs ARM indiquent un potentiel de croissance diversifiée à long terme. Se négociant à environ 13 fois le bénéfice prévisionnel, avec des flux de trésorerie disponibles supérieurs à 7 %, un rendement de 2 % et un bilan excédentaire en liquidités, Qualcomm est évaluée comme si ses activités traditionnelles étaient en déclin irréversible. Nous croyons que cette évaluation sous-estime la pérennité de sa propriété intellectuelle, son leadership dans la connectivité sans fil et ses options stratégiques sur plusieurs marchés liés à l’informatique en périphérie.

Pour faire de la place pour Cisco et Qualcomm, nous avons liquidé le placement dans Oracle au cours du trimestre. Bien que nous reconnaissions le succès de l’entreprise dans la migration de sa clientèle de bases de données vers le nuage, l’enthousiasme suscité par ses prévisions de croissance accélérée dans le segment Oracle Cloud Infrastructure (OCI) a entraîné une augmentation des risques. Oracle devrait enregistrer plus de sorties que d’entrées de fonds cette année à cause d’une augmentation importante de ses investissements dans le nuage, et ce, tout en étant beaucoup plus endettée. Ce n’est pas une situation à laquelle les autres fournisseurs de services infonuagiques ont été confrontés lorsqu’ils ont accéléré l’expansion de leurs infrastructures, ce qui laisse à Oracle une plus faible marge d’erreur en cas de changement soudain de la conjoncture ou des perspectives du marché. Oracle fait toujours partie de notre liste de l’équipe de rêve et nous l’envisagerons de nouveau si l’occasion se présente. 

Air Liquide est un chef de file mondial du segment des gaz industriels et figure depuis longtemps sur la liste de l’équipe de rêve du Fonds mondial de dividendes Mackenzie. Nous avons rencontré dernièrement le chef de la direction Francois Jackow et trouvé impressionnante la mesure dans laquelle il transforme l’organisation, démarche délicate pour une entreprise comptant plus de 120 ans d’histoire. M. Jackow insuffle un sentiment d’urgence et a mis la société au défi de s’attaquer aux inefficiences, ce qui devrait permettre à Air Liquide de rapprocher au fil du temps sa marge et le rendement du capital investi de ceux du numéro un de l’industrie, Linde (aussi présent dans le Fonds). Qu’il s’agisse de tirer parti des services partagés, de revoir la rémunération des équipes commerciales pour favoriser la rentabilité des projets ou de se désengager de certaines activités moins prometteuses, l’équipe s’attaque à des aspects sur lesquelles elle a prise. Le secteur des gaz industriels demeure très attrayant : une structure de marché oligopolistique offrant un fort pouvoir de fixation des prix, une demande résiliente ainsi que de hautes barrières à l’entrée liées à la taille, à l’expertise réglementaire et aux relations à long terme avec la clientèle. La stratégie centrale d’Air Liquide repose sur la construction d’installations de production de gaz sur place adossées à des contrats à long terme d’achat ferme, modèle générant des rentrées de fonds stables et indexées sur l’inflation. Les activités de gaz industriels de l’entreprise sont essentielles au bon fonctionnement d’une clientèle très variée allant des usines de semiconducteurs aux hôpitaux, mais représentent en général une modeste proportion des coûts de production totaux de la clientèle. Cette dynamique, combinée aux coûts de changement élevés et aux exigences strictes en matière de fiabilité, renforce la fidélité à l’entreprise et freine l’entrée de concurrents, créant dans les faits des monopoles locaux. C’était un plaisir de réintégrer Air Liquide dans le portefeuille. 

 

DDA

1 an

2 ans

3 ans

5 ans

10 ans

Depuis le changement de gestionnaire*

Fonds mondial de dividendes Mackenzie – série F

3,7 %

14,0 %

16,9 %

16,9 %

12,4 %

11,0 %

11,9 %

Indice MSCI Monde (RN, $ CA)

3,9 %

15,9 %

20,0 %

20,5 %

14,6 %

11,6 %

12,3 %

Catégorie Morningstar des fonds d’actions mondiales

4,1 %

13,1 %

15,7 %

15,9 %

10,9 %

8,5 %

9,0 %

Pourcentage de homologues surpassés

45

59

65

66

73

92

94

L’équipe de gestion du portefeuille

Darren McKiernan, chef d’équipe, vice-président principal, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie

Katherine Owen, vice-présidente, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie

James Barnby, vice-président adjoint, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie


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Le 26 juillet 2013, le Fonds mondial de dividendes Mackenzie a modifié son mandat d’investissement dans les titres de participation et les titres à revenu fixe de sociétés qui exercent des activités principalement liées à l’infrastructure pour investir principalement dans les titres de participation de sociétés partout dans le monde qui versent ou devraient verser des dividendes. Le rendement antérieur à cette date a été obtenu dans le cadre des objectifs précédents.

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