Rapport trimestriel – Équipe des actions et des titres à revenu mondiaux Mackenzie

Du bureau de l'Équipe des actions et des titres à revenu mondiaux Mackenzie Q3, 2025

Fonds mondial de dividendes Mackenzie

Faits saillants :

  • Le Fonds a progressé de 6,9 % au troisième trimestre de 2025, à un rythme inférieur à celui de 9,5 % de l’indice MSCI Monde, les facteurs de momentum et la concentration reposant sur l’intelligence artificielle (IA) dominant les rendements du marché. Son retard a en grande partie été attribuable aux positions sous-pondérées dans le secteur de la technologie de l’information et à la faiblesse de placements dans les bourses et services de données. Il a partiellement été contrebalancé par d’excellents résultats dans le secteur de la santé.
  • Les stratégies axées sur la qualité, le facteur de dividende et sensibles aux valorisations sont encore restées en retrait, les investisseurs se précipitant vers les titres liés à l’IA. L’équipe est consciente que son approche diversifiée et axée sur la qualité rencontre des vents contraires à court terme, mais juge que sa sous-performance relative est raisonnable compte tenu de la concentration du marché. Elle reste fidèle à son processus à long terme axé sur des franchises durables et génératrices de liquidités.
  • Tout en reconnaissant le potentiel transformateur de l’IA, les gestionnaires voient des parallèles avec les bulles passées. Ils conservent des bénéficiaires fondamentaux, comme Microsoft, Broadcom, TSMC, Alphabet, Lam Research et NVIDIA, tout en évitant les nouveaux arrivants plus spéculatifs aux cycles de dépenses d’investissement non viables. Le fonds maintient la surpondération de la santé et d’autres secteurs de qualité négligés se négociant à des niveaux relatifs frôlant des planchers de plusieurs années, dans l’idée que la prudence et la diversification seront récompensées lorsque l’élan s’essoufflera.

Tour d’horizon du marché

Au troisième trimestre de 2025, le Fonds mondial de dividendes Mackenzie a affiché un excellent rendement absolu de 6,9 %, néanmoins inférieur à celui du marché boursier mondial élargi, en hausse de 9,5 %. Sa contre-performance relative est en grande partie attribuable à la surperformance massive des facteurs de momentum et à la domination résolue d’une poignée de placements liés au thème de l’intelligence artificielle (IA). Près de la moitié des 225 points de base (pb) de sa sous-performance proviennent de notre sous-pondération de la technologie de l’information (environ 24 %, au lieu de 26 %) et de la performance relative de la sélection de titres (+11,6 % contre +14,7 % pour l’indice de référence). La faiblesse des actions de certains de nos placements dans les segments des bourses et des services de données explique la sous-performance du secteur financier à hauteur d’environ 80 pb. Après avoir été un fardeau considérable le trimestre dernier, la surpondération du fonds dans le secteur de la santé (pondération de 10,7 %, contre 9,5 % dans l’indice de référence) et la sélection des actions (13,1 %, contre 7,7 %) ont apporté plus de 140 pb aux rendements globaux.

Les stratégies axées sur la qualité, le facteur de dividende et sensibles aux valorisations – qui ont historiquement permis de composer le capital avec régularité sur des cycles de marché complets – ont toutes sous-performé tant depuis le début de l’année que sur les cinq dernières années. Sur un marché caractérisé par une concentration record, le style dominant a été exceptionnellement tenace. Dans ce contexte, l’accent mis par le fonds sur les entreprises de haute qualité qui versent généralement des dividendes et le maintien d’une diversification mondiale couvrant divers secteurs et facteurs de croissance économique a naturellement constitué un obstacle. Au cours des cinq dernières années, le portefeuille a gagné plus de 90 %, contre un rendement de plus de 105 % pour l’indice MSCI Monde. Vu le groupe restreint de meneurs du marché, notre sous-performance relative a beau ne pas être réjouissante, elle est raisonnable dans ce contexte. Comme lors des épisodes antérieurs de ferveur spéculative, nous resterons fidèles à notre processus de placement rigoureux et l’histoire suggère que la prudence sera finalement récompensée.

Propulsés par un enthousiasme inébranlable pour l’intelligence artificielle et l’écosystème d’entreprises facilitant son adoption, les principaux indices boursiers s’inscrivaient à de nouveaux sommets historiques à la fin du premier semestre de 2025. Les facteurs de qualité l’emportent historiquement environ les trois quarts du temps en dehors des États-Unis, mais en 2024-2025, tout portefeuille orienté vers la qualité a rencontré des obstacles. L’ère était au momentum : les actions à fort momentum – qui ont surperformé au cours des douze mois précédents – ont battu leurs homologues à faible momentum d’environ 45 points de pourcentage depuis le début de l’année, prolongeant une série de trois ans de rendements relatifs exceptionnels.

Le « boom » de l’IA est au cœur de ce mouvement – le panier des bénéficiaires de la technologie de l’IA de Morgan Stanley est en hausse de plus de 55 % depuis le début de l’année. Les premiers gagnants ont été les facilitateurs d’infrastructure : les concepteurs de semi-conducteurs, les fabricants d’équipements, les plateformes infonuagiques à très grande échelle et les spécialistes des réseaux fournissant les pelles et les pioches numériques de cette nouvelle ruée vers l’or computationnelle. L’enthousiasme des investisseurs a été renforcé par d’énormes afflux de capitaux passifs dans des FNB thématiques et des stratégies quantitatives programmés pour poursuivre les gagnants récents. Les investisseurs particuliers, qui représentent maintenant plus de 36 % du volume des opérations (contre 26 % il y a une décennie), ont également tendance à suivre et à exacerber les tendances récentes. Leur présence accrue sur le marché est à l’origine de la prolifération des FNB à effet de levier et représente également la majeure partie du volume des options. L’effet boule de neige que cela crée a entraîné une concentration du marché boursier et une volatilité intrajournalière des titres qui ont atteint des niveaux plus extrêmes que pendant la bulle technologique de la fin des années 1990.

Le marché a connu de nombreux booms et effondrements au cours des dernières décennies. Le miracle économique asiatique de la fin des années 1980, la folie de l’ère point-com des années 1990 et l’expansion du crédit hypothécaire à risque des années 2000 avaient tous un point commun : ils reposaient sur un véritable changement structurel ou des faits, mais les marchés ont extrapolé bien au-delà de ce que pouvaient soutenir les bases de l’économie. En 1989, par exemple, on avançait couramment que les terrains du Palais impérial de Tokyo valaient « plus que toute la Californie ». L’internet allait transformer l’économie à la fin des années 1990. Jusqu’à la crise financière mondiale, les prix de l’immobilier en termes nominaux affichaient une tendance à la hausse à long terme depuis de nombreuses décennies. La force transformationnelle actuelle que représente l’IA pourrait avoir des implications profondes pour la productivité, mais certaines parties du récit ont potentiellement dépassé la valorisation raisonnable.

Nous admettons le potentiel habilitant de l’IA et détenons depuis longtemps plusieurs de ses bénéficiaires fondamentaux : Microsoft (détenu depuis 2013), Broadcom (2015), TSMC (2018), Alphabet, Lam Research et, plus récemment, NVIDIA (ajoutée à la mi-2024). Ces entreprises représentent des franchises durables et riches en liquidités dont la valeur a augmenté grâce à l’innovation. Mais le fonds n’est délibérément pas un portefeuille concentré dans l’IA. Nous avons résisté à la tentation de poursuivre les nouveaux venus ou les entreprises qui ne méritent pas vraiment d’être « récompensées ». Nous ne paierons pas de multiples dignes de cycle de pointe pour acquérir des entreprises dépendantes d’une exécution sans faille ou susceptibles de décevoir lorsque les prévisions se normaliseront inévitablement. On pourrait soutenir que la reprise actuelle alimentée par l’IA commence à présenter des caractéristiques de la bulle techno de la fin des années 1990 – des valorisations de plus en plus élevées et des flux de trésorerie qui se détériorent en raison de dépenses d’investissement dans l’IA estimées à 7 000 milliards de dollars d’ici 2030 (dont environ 3 000 milliards de dollars au cours des 36 prochains mois). Les dépenses d’investissement dans l’IA sont actuellement environ six fois supérieures aux revenus. Pour situer les choses dans leur contexte, à l’apogée de l’expansion ferroviaire des États-Unis dans les années 1870, les dépenses d’investissement étaient environ deux fois supérieures aux revenus. À la fin des années 1990, au point culminant de la bulle des télécommunications, les dépenses d’investissement étaient quatre fois supérieures aux revenus.  Il convient également de noter qu’environ la moitié de ces dépenses sont couvertes par les entreprises à très grande échelle, qui ont les liquidités nécessaires pour les assumer. L’autre moitié provient du capital-investissement, des gouvernements souverains et des nouveaux fournisseurs de services infonuagiques (à moins grande échelle, dont les modèles d’affaires ont moins fait leurs preuves). Une grande partie de ces dépenses se fait également par le biais de structures d’accueil, créées par une combinaison d’entreprises à très grande échelle, de gouvernements et de capital-investissement ou de capital de risque dans le but d’optimiser la détention de centres de données « hors registre », ce que les esprits cyniques pourraient considérer comme brouillant la rentabilité de l’écosystème.

Nous ne doutons pas de la conviction actuelle de toutes les personnes impliquées, mais nous remettons de plus en plus en question les retours économiques sous-jacents potentiels. La question à laquelle nous essayons de répondre est de savoir si les revenus de l’IA augmenteront suffisamment rapidement pour rattraper les dépenses d’infrastructure. Jusqu’à présent, le marché répond par l’affirmative – que l’argent dépensé l’est en réaction à la plus rapide expansion de toute technologie à usage général dans l’histoire de l’humanité.  Par exemple, OpenAI a récemment engagé 300 milliards de dollars pour utiliser les services infonuagiques d’Oracle afin de soutenir ses besoins en IA. Rappelons que, selon les prévisions, OpenAI devrait générer environ 13 milliards de dollars en ventes cette année et qu’elle perd de l’argent. En bonne partie grâce à cet engagement, les revenus d’Oracle devraient plus que doubler au cours des trois prochaines années – l’action a bondi de plus de 25 % le jour de l’annonce – mais on estime aussi qu’elle perdra plus de 30 milliards de dollars en liquidités et qu’elle a actuellement environ 100 milliards de dollars de dette nette. Autrement dit, l’action d’Oracle a grimpé après qu’OAI lui a promis environ 60 milliards de dollars par an pour fournir des installations infonuagiques – qu’Oracle n’a pas encore construites et qui exigeront 4,5 gigawatts d’énergie du réseau électrique américain. Oracle est une excellente entreprise – que nous détenions plus tôt cette année – mais nous nous sentons plus à l’aise de maintenir notre engagement en capital dans l’IA par le biais d’entreprises comme Microsoft, qui souhaite également dépenser plus de 200 milliards de dollars dans des investissements liés à l’IA au cours des trois prochaines années, mais qui devrait générer presque 300 milliards de dollars en flux de trésorerie disponibles (soit après avoir pris en compte les 200 milliards de dollars de dépenses d’investissement) et dispose de plus de 50 milliards de dollars de liquidités nettes à son bilan. De plus, près de la moitié du revenu d’exploitation de Broadcom provient de logiciels d’infrastructure hautement récurrents (et non de semi-conducteurs) et TSMC dispose de plus de 60 milliards de dollars en liquidités nettes. Si la révolution de l’IA tourne mal, ces entreprises n’en sortiront pas indemnes, mais nous sommes confiants que leurs maux s’apparenteront plus à une plaie superficielle qu’à une amputation.

Sur les marchés menés par quelques facteurs, l’inverse vaut aussi : tout ce qui n’entre pas dans les thèmes dominants est pénalisé. Les entreprises de qualité des secteurs de l’industrie, des soins de santé, de la consommation de base et des services de données financières ont toutes accusé du retard, malgré des bénéfices résilients et des bilans solides. Bon nombre d’entre elles se négocient bien en dessous de leurs multiples historiques, ce qui contraste fortement avec le marché global qui affiche presque deux écarts-types au-dessus de sa tendance de valorisation à long terme. Pour les investisseurs qui mesurent leur rendement à l’aune de celui des indices de référence, il est difficile de ne pas privilégier le momentum quand on voit les entreprises qui tirent profit du thème de l’IA. Ainsi, le secteur de la santé affiche les rendements relatifs les plus faibles de tous les secteurs de l’indice de référence depuis la fin de 2022, soit depuis l’explosion cambrienne de l’IA générative marquée par le lancement de ChatGPT.  Plus récemment, l’incertitude politique aux États-Unis a pesé sur la confiance, mais les bases de la santé demeurent intactes. Le nouveau cadre de tarification des médicaments de Medicaid, qui fixe les prix aux niveaux les plus bas parmi les pays pairs, semble dégager la voie. Les conséquences sont modestes : Medicaid représente environ 10 % des dépenses pharmaceutiques aux États-Unis, et la plupart des entreprises fixent déjà leurs prix près de ces niveaux. Avec une pause de droits de douane de trois ans et une plus grande clarté concernant le financement de la recherche, les valorisations dans le secteur de la santé frôlent désormais leurs plus bas niveaux en 25 ans par rapport au marché. Nous maintenons la surpondération du secteur de la santé malgré sa performance relative récente, en raison de notre conviction dans sa rentabilité à long terme ainsi que du rapport risque-rendement asymétrique désormais offert.

Pendant que les investisseurs se concentraient sur les rendements ajustés selon le risque, cette rigueur a entraîné une certaine sous-performance par rapport aux marchés qui ont récompensé la pureté thématique plutôt que la prudence, mais elle a également préservé la diversification et l’équilibre du portefeuille. Nous avons déjà observé de telles divergences auparavant, et l’expérience nous apprend que les régimes de momentum se terminent brusquement lorsque les acheteurs marginaux s’évaporent et que le capital retourne vers des franchises se négociant à des prix plus raisonnables. Les antécédents du fonds reposent sur la détention d’entreprises durables capables d’accroître leur flux de trésorerie (et leurs dividendes) au fil de plusieurs cycles. Bien que nous ne puissions pas prédire quand le marché récompensera à nouveau cette approche, nous croyons que notre exposition équilibrée – atteinte en détenant une quantité appropriée de véritables bénéficiaires de l’IA parallèlement à des entreprises à valeur attrayante en dehors du thème – sera en définitive favorable à nos porteurs de parts.

Ce qui a contribué au rendement

Le cours de l’action d’Alphabet a augmenté de 41 % au troisième trimestre, ce qui consolide la place de la société parmi les plus performantes. La situation de Google était mitigée au début de l’année, sur fond de craintes que les agents conversationnels à IA réduisent le nombre de requêtes de recherche Google monétisables et érodent sa part de marché d’environ 90 % dans ce domaine. Les résultats du deuxième trimestre de Google ont dissipé ces préoccupations pour le moment, les revenus liés aux recherches augmentant de 12 % d’une année sur l’autre, parallèlement à l’accélération des clics payants à 4 %. Les fonctionnalités d’IA semblent être complémentaires à la recherche, les aperçus d’IA intégrés générant 10 % de requêtes supplémentaires lorsqu’ils sont inclus. La force de l’IA peut également être observée dans le cadre de Gemini et du mode de recherche AI Mode, dont le nombre mensuel moyen d’utilisateurs a atteint respectivement 450 millions et 100 millions. Google Cloud, YouTube et Waymo continuent également de croître et d’augmenter la diversification des revenus de Google. Bien que le trimestre ait été excellent pour Google, nous continuons à surveiller de près la recherche pour déceler toute perturbation potentielle causée par l’IA.

CRH (+34 %), numéro un en Amérique du Nord dans le domaine des granulats, du ciment et de l’asphalte, s’est distinguée dans le secteur des matériaux ce trimestre. CRH continue de bénéficier d’une structure industrielle favorable – les entreprises de ciment sont des monopoles naturels en raison de la forte intensité capitalistique, des coûts de transport élevés et des barrières réglementaires extrêmement élevées pour les nouveaux fours. Le manque de substituts permet à l’industrie de conserver un pouvoir de fixation des prix extrêmement fort sur l’offre modérée. Du point de vue de la demande, le soutien bipartite maintient le financement des projets en Amérique du Nord (où CRH génère 70 % de son BAIIA) – dont celui des autoroutes en vertu de l’IIJA, pour lequel plus de 60 % des fonds n’ont pas encore été dispersés, sans parler de l’infrastructure hydraulique vieillissante et de la réindustrialisation. CRH étant une entreprise à intégration verticale, elle peut générer des profits directement des granulats, vendre de l’asphalte liquide ou réaliser un système routier complet, à six fois le prix des granulats bruts. Vu la demande constante de pavage des routes, cela lui assure une stabilité et une croissance permettant de financer les dividendes et les réinvestissements dans l’entreprise. Lors d’une récente journée des investisseurs, CRH a fait part de ses ambitions de croissance des revenus à un chiffre élevé d’ici 2030. Cette croissance s’appuie sur des investissements internes et une stratégie de fusions et acquisitions constante. Depuis 2015, CRH a réalisé plus de 320 acquisitions, dont 88 % visaient des entreprises complémentaires plus modestes, généralement familiales et se vendant à un prix inférieur à celui d’une vente par l’intermédiaire d’une banque d’investissement. CRH prévoit investir environ 28 milliards de dollars canadiens supplémentaires en fusions et acquisitions d’ici 2030, ce qui dopera sa croissance, tout en récompensant les actionnaires au moyen de dividendes stables en attendant.

L’action d’AbbVie a fortement progressé (+29 %) alors que l’optimisme s’est amélioré dans le secteur biopharmaceutique et que la note du groupe a été révisée en raison de l’atténuation du risque politique et des bases résilientes. L’accord entre la Maison-Blanche et Pfizer, qui a clarifié le calendrier de mise en œuvre des plafonds de prix des médicaments de Medicare et des structures de remises, a apaisé les craintes d’une intervention gouvernementale musclée et a éliminé une lourde menace politique qui planait sur le secteur. AbbVie s’est démarquée au sein du groupe alors que les investisseurs se recentraient sur la réussite du passage d’Humira – dont l’exclusivité aux États-Unis a expiré début 2023 – aux médicaments immunologiques de nouvelle génération Skyrizi et Rinvoq, qui génèrent désormais plus de 25 milliards de dollars en ventes annualisées combinées et représentent l’une des plus grandes franchises d’immunologie au monde. L’échelle de la plateforme, sa diffusion consacrée auprès des médecins et l’avantage de ses données cliniques profondes forment un fossé concurrentiel durable qui continue de se creuser. Les investisseurs ont également confiance dans le renouvellement visible du pipeline d’AbbVie dans les domaines de la neuroscience, de l’oncologie et des indications en immunologie élargies, ce qui favorise une trajectoire de croissance durable jusqu’à la prochaine décennie et plus encore. Dans le contexte de la diminution des risques réglementaires du secteur et du modèle générateur de liquidités, axé sur l’innovation, d’AbbVie, l’action a ainsi suscité une conviction renouvelée et affiché une surperformance relative au cours du trimestre.

CATL (+64 %) est sortie du lot au troisième trimestre, grâce à la confiance renouvelée dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques et du stockage de l’énergie en Chine, ainsi que l’exécution remarquable de l’ensemble des activités. CATL occupe la première place du palmarès mondial du volume des batteries pour véhicules électriques depuis huit ans et est également numéro un mondial au chapitre des systèmes de stockage d’énergie – des batteries à échelle industrielle utilisées pour stocker l’électricité générée par des sources alternatives. L’approbation de son rapport sur les réserves de la mine de lithium de Jianxiawo a éliminé une menace importante qui pesait sur la sécurité des matériaux. En aval, la demande de VE et de systèmes de stockage d’énergie a surpris à la hausse, le lancement de la nouvelle technologie et le carnet de commandes record soulignant la dominance de CATL dans le domaine du stockage d’énergie à grande échelle, qui devrait voir augmenter les expéditions de plus de 30 % par an d’ici 2027. L’élan international reste fort, en particulier en Europe, où le pipeline de capacité de 164 GWh de CATL et ses solides partenariats avec Stellantis, Volkswagen et BMW ont porté sa part de marché à vers 45 %, d’autres gains étant probables sachant que la société attire désormais plus de la moitié des commandes de batteries des fabricants d’équipements d’origine de l’UE. Au Canada, les appels d’offres de systèmes de stockage d’énergie ont atteint des niveaux record après la normalisation des politiques, qui favorise les fournisseurs de haute qualité comme CATL. Forte de l’ajout de capacités qui entreront en service en 2026 et du leadership continu de ses produits sur le plan des batteries sodium-ion et solides, CATL est bien positionnée pour étendre son avance technologique et commerciale conformément à notre thèse et à nos perspectives à long terme pour l’entreprise.

Ce qui a nui au rendement

Novo Nordisk (-19 %) a pesé sur le rendement au troisième trimestre, la confiance des investisseurs envers la catégorie des GLP-1 ayant faibli après la publication des données concurrentielles d’Eli Lilly, et le marché s’écartant des valeurs défensives. Ces préoccupations et craintes générales entourant la dominance de Novo dans les secteurs de l’obésité et du diabète sont excessives, selon nous. Les études SELECT et FLOW de Novo ont déjà démontré de clairs avantages du sémaglutide sur les plans cardiovasculaire et rénal, renforçant ainsi la position dominante de la société au niveau des résultats dans le monde réel. Du côté de la demande, Novo a élargi la visibilité et la capacité d’Ozempic et de Wegovy jusqu’en 2026, réduisant les goulots d’étranglement antérieurs. L’accessibilité continue de s’améliorer alors que les assureurs américains élargissent la couverture des médicaments contre l’obésité et que davantage d’ordonnances de GLP-1 sont exécutées par le biais de programmes certifiés et de pharmacies spécialisées dans les préparations magistrales. L’entreprise conserve également le gros avantage d’avoir été la première à offrir l’administration orale de GLP-1, qui s’ajoute à son profil clinique supérieur par rapport au médicament oral GLP-1 concurrent d’Eli Lilly — son sémaglutide oral à forte dose (programme OASIS) a environ six mois d’avance sur l’orforglipron de Lilly et a montré une efficacité similaire à celle des injectables avec une tolérance favorable. Nous détenons une position plus ou moins importante dans Novo depuis 2015 et avons réduit notre placement au minimum en 2024, et cette année. Étant donné les éléments susmentionnés et la forte baisse des attentes des investisseurs à l’égard de l’entreprise, nous avons profité de la correction pour étoffer notre position.

Deutsche Boerse (-16 %) a enregistré un rendement décevant ce trimestre, principalement en raison du rajustement de la valorisation des bourses européennes, les investisseurs se tournant vers des actifs plus cycliques et « à risque » dans la foulée de la reprise du marché qui a commencé en avril. Les entreprises de services de données en général ont également été touchées par les craintes liées aux conséquences de l’IA sur leurs modèles d’affaires. Nous sommes moins préoccupés, car leurs données sont en grande partie exclusives, en temps réel et ancrées dans le flux de travail de leurs clients.  Les résultats dégagés par la société au premier semestre de 2025 témoignent d’un ralentissement des ventes dans ses activités liées aux indices, en particulier dans les données ESG, alors que les changements réglementaires et politiques pesaient sur l’ensemble du secteur. Cependant, dans sa division des logiciels, de plus grande envergure, ses revenus ont continué de croître de 10 % d’une année sur l’autre, en s’appuyant sur de nouveaux contrats clients. Dans l’ensemble, DB1 a annoncé d’excellents résultats financiers – revenus totaux en hausse de 10 % et BAIIA en hausse de 15 % d’une année sur l’autre – qui démontrent une excellente capacité opérationnelle et sont conformes aux cibles à moyen terme fixées lors de la journée des investisseurs de 2023. Malgré la correction des valorisations, les bases restent intactes.

À l’instar de Deutsche Boerse, SAP (-10 %) est restée à la traîne du marché élargi au cours du trimestre, les investisseurs se méfiant des entreprises de logiciels par crainte des perturbations potentielles de l’IA susceptibles de « sonner le glas » du secteur. Nous avons beau reconnaître ces risques, nous pensons que SAP est structurellement mieux placée que bon nombre de ses concurrentes. Sa force réside dans ses applications d’entreprise profondément intégrées, ses logiciels critiques pour la mission et sa plateforme de technologie d’affaires, qui connecte directement des outils d’IA avec des données d’affaires complexes. Nos recherches indiquent que le risque de perturbation par l’IA varie considérablement selon le type de logiciels. Les applications plus simples et spécialisées sont plus exposées, tandis que les systèmes de SAP — intégrés dans les flux de travail d’entreprise complexes — sont beaucoup moins vulnérables. Nous croyons que la stratégie d’IA de SAP accélérera en réalité la migration vers l’infonuagique et renforcera peu à peu ses relations client, qui deviendront plus, et non moins, précieuses dans un monde axé sur l’IA.

Après une augmentation de plus de 50 % du cours de l’action au premier semestre de l’année, Philip Morris (-9 %) a nui au rendement au troisième trimestre. Malgré l’annonce d’un excellent gain de 9 % des ventes internes le 22 juin, les investisseurs se sont plutôt concentrés sur le ralentissement de la croissance, aux États-Unis, de sa franchise de sachets de nicotine ZYN, qui n’a augmenté que de 41 % d’une année sur l’autre en raison de la concurrence accrue de British American Tobacco et d’Altria. Les deux rivales ont augmenté leurs dépenses promotionnelles de manière musclée, exerçant une pression sur la croissance de la catégorie et la dynamique des prix. Néanmoins, Philip Morris a conservé environ 60 % de part de marché aux États-Unis, un résultat impressionnant compte tenu du prix de ZYN, 50 % plus élevé que celui de ses pairs, ce qui confirme que l’entreprise jouit d’un atout de marque exceptionnel, d’un pouvoir de fixation des prix et d’un levier de distribution. Bien que la performance du cours de l’action soit décevante, nous sommes optimistes quant aux perspectives de Philip Morris, en particulier l’expansion internationale de ZYN, le lancement d’IQOS ILUMA aux États-Unis et les progrès constants de la direction vers un portefeuille en majorité constitué de produits à risque réduit. Nous estimons toujours que Philip Morris offre une valorisation attrayante pour une entreprise qui devrait connaître une croissance à un chiffre élevé jusqu’à la fin de la décennie.

Changements apportés au Fonds mondial de dividendes Mackenzie

Ce trimestre, nous avons établi une position dans Seven & I Holdings (3382 JP), le plus grand exploitant mondial de dépanneurs, société mère de 7-Eleven, qui compte plus de 85 000 magasins dans le monde. Seven & I, qui était à l’origine un conglomérat japonais diversifié, connaît actuellement une transformation majeure menée par le nouveau chef de la direction Stephen Dacus pour devenir une entreprise mondiale de dépanneurs ciblée et à fort rendement. Après des années de pression militante et l’effondrement d’une offre de capital-investissement, la direction met en œuvre des réformes structurelles longtemps retardées – en se cédant sa division Superstore à faible valeur nette à Bain Capital et se préparant à abandonner sa participation dans Seven Bank. Le portefeuille qui en résultera sera presque entièrement composé de la franchise mondiale 7-Eleven, dont l’échelle inégalée, la densité du réseau et le capital de marque offrent des avantages concurrentiels durables. Le PAPE aux États-Unis de l’entreprise nord-américaine 7-Eleven planifié pour l’exercice 2026 aux États-Unis devrait encore simplifier le groupe et cristalliser sa valeur. Avec des rachats d’actions de 2 000 milliards de yens (environ 40 % de la capitalisation boursière) et 800 milliards de yens en dividendes sur cinq ans, ainsi qu’une augmentation significative des marges grâce aux aliments frais, aux marques de distributeur et à l’optimisation des carburants, Seven & I offre une rare combinaison de réformes internes, de génération de liquidités et de potentiel de revalorisation moyennant une valorisation convaincante après le retrait de l’offre d’Alimentation Couche-Tard.

Nous avons complètement liquidé notre position dans Altria ce trimestre dans le cadre d’un mouvement délibéré pour nous éloigner des entreprises trop dépendantes du recul des volumes de cigarettes. Bien qu’Altria ait réussi à faire croître sa marque de nicotine orale à 14 % de son chiffre d’affaires total, elle reste bien en deçà de ses pairs à ce chapitre, sachant que Philip Morris tire 42 % de ses ventes des produits à risque réduit et British American Tobacco, 22 %. Malgré sa diversification limitée, Altria se négocie actuellement à des niveaux de valorisation que l’on n’avait pas observés depuis la pandémie. Le marché semble valoriser une stabilité qui pourrait se révéler temporaire si le recul des volumes s’accélère ou si l’emprise sur les prix diminue. Cela dit, Altria reste une entreprise de l’« équipe de rêve » qui offre un rendement en dividendes attrayant de 6,5 %. Nous envisagerions de rétablir une position si sa valorisation et la trajectoire de sa combinaison de produits devenaient plus convaincantes.

Les banques mondiales s’orientant vers un renouvellement de l’assouplissement et des déficits budgétaires – en particulier aux États-Unis – la pertinence stratégique de l’or en tant qu’actif de réserve se renforce depuis presque trois ans. AngloGold Ashanti offre un excellent point d’entrée pour les investisseurs à long terme recherchant une exposition disciplinée à l’or, conjuguée à une amélioration de la qualité et une diminution du risque géopolitique. Menée par le chef de la direction Alberto Calderon, la société a réalisé l’un des redressements les plus crédibles du secteur : rationalisation de son portefeuille, sortie d’Afrique du Sud, désendettement pour atteindre un bilan à trésorerie nette et acquisition de la mine Sukari de Centamin, qui est maintenant son actif le moins coûteux et à la marge la plus élevée. L’augmentation de la production à Obuasi et le développement du district du Nevada offrent une option de croissance interne visible, sans dépendre d’acquisitions à risque plus élevé. À environ 3 700 $ US l’once d’or, AngloGold devrait générer plus de 2,5 milliards de dollars en flux de trésorerie disponibles annuels – ce qui correspond à un rendement des flux de trésorerie disponibles de 8 à 10 % – et elle a doublé son versement aux actionnaires pour le porter à 50 % des flux de trésorerie disponibles post-croissance, introduisant des dividendes trimestriels et des rachats potentiels. Il est important de noter que le risque du portefeuille s’améliore structurellement : d’ici 2030, plus d’un quart de la production proviendra de territoires de compétence de niveau 1 (États-Unis, Australie). Pour les investisseurs, AngloGold combine des flux de trésorerie disponibles en expansion, un rendement en dividendes croissant de 3,5 %, une croissance autofinancée et une qualité juridictionnelle en hausse. La société est donc bien placée pour offrir de la valeur tout au long du cycle tout en donnant un levier sur des prix de l’or structurellement plus élevés et des remboursements de capitaux disciplinés.

Nous avons pris une position dans l’entreprise tokyoïte Chugai Pharmaceutical ce trimestre. Chugai offre une combinaison d’innovation de plateforme, d’efficacité du capital et de croissance élevée tirée des redevances grâce à son partenariat avec Roche. Sa force dans les technologies d’anticorps a soutenu son développement historique d’actifs de premier plan comme Hemlibra et Alecensa, avec un large pipeline principalement monétisé par le biais de Roche. Ce modèle génère un potentiel mondial de hausse à l’échelle pharmaceutique sans le risque lié aux frais de vente, aux dépenses administratives et autres frais généraux correspondant, car toutes les ventes en dehors du Japon sont concédées sous licence à des tiers (Roche ayant un droit de premier refus). Nous pensons que le marché sous-estime le potentiel de déploiement du NXT007 (Hemlibra de nouvelle génération), des redevances provenant de la molécule de dermatite atopique nemolizumab (par le biais de Galderma) et de l’exposition à l’orforglipron d’Eli Lilly — un GLP-1 oral à prendre une fois par jour dont les ventes à maturité pourraient atteindre environ 15 milliards de dollars. C’est l’une des entreprises pharmaceutiques les plus rentables au monde (marges du BAII de 50 % et plus), qui dispose de 1 000 milliards de yens de liquidités nettes au bilan. Soulignons que les plateformes de molécules de taille moyenne et de peptides macrocycliques de Chugai pourraient débloquer des cibles intracellulaires auparavant considérées comme « impossibles à traiter », offrant aux investisseurs une option supplémentaire sur une percée technologique. L’entreprise a un rendement en dividendes de 2,5 %, se négocie en dessous de son multiple moyen moyennant une décote importante par rapport aux autres sociétés mondiales de la biotechnologie. 

L’équipe de gestion du portefeuille

Darren McKiernan, chef d’équipe, vice-président principal, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie

Katherine Owen, vice-présidente, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie

Dave Chan, vice-président, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie

James Barnby, vice-président adjoint, gestionnaire de portefeuille, Gestion des placements, Placements Mackenzie


Les placements dans les fonds communs peuvent donner lieu à des commissions de vente et de suivi, ainsi qu’à des frais de gestion et autres. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les taux de rendement indiqués correspondent au rendement annuel composé historique total au 30 septembre 2025 et tiennent compte des variations de la valeur unitaire et du réinvestissement de toutes les distributions, à l’exclusion des frais d’acquisition, frais de rachat, frais de distribution, autres frais accessoires ou impôts sur le revenu payables par tout investisseur ou investisseuse et qui auraient réduit le rendement. Les placements dans les fonds communs ne sont pas garantis, leur valeur varie fréquemment et leur rendement antérieur peut ne pas se reproduire.

Le rendement de l’indice ne tient pas compte de l’incidence des frais, commissions et charges payables par les investisseurs et investisseuses dans des produits de placement qui cherchent à reproduire un indice.

Ce document renferme des renseignements prospectifs reposant sur des prédictions pour l’avenir au 30 juin 2025. La Corporation Financière Mackenzie ne mettra pas nécessairement à jour ces renseignements pour tenir compte des changements survenus après cette date. Les énoncés prospectifs ne garantissent en rien les rendements futurs, et les risques et incertitudes peuvent souvent amener les résultats réels à différer de manière importante des renseignements prospectifs ou des attentes. Parmi ces risques, signalons, entre autres, les changements ou la volatilité touchant les conditions économiques et politiques, les marchés des valeurs mobilières, les taux d’intérêt et de change, la concurrence, les marchés boursiers, la technologie ou la loi ou résultant d’événements catastrophiques. Ne vous fiez pas indûment aux énoncés prospectifs. Par ailleurs, toute déclaration à l’égard de sociétés ne constitue pas une promotion ou une recommandation d’achat ou de vente d’un titre quelconque.

Le contenu de ce commentaire (y compris les faits, les perspectives, les opinions, les recommandations, les descriptions de produits ou titres ou les références à des produits ou titres) ne doit pas être pris ni être interprété comme un conseil en matière de placement, ni comme une offre de vente ou une sollicitation d’offre d’achat, ou une promotion, recommandation ou commandite de toute entité ou de tout titre cité. Bien que nous nous efforcions d’assurer son exactitude et son exhaustivité, nous ne sommes aucunement responsables de son utilisation.

Le 26 juillet 2013, le Fonds mondial de dividendes Mackenzie a modifié son mandat d’investissement dans les titres de participation et les titres à revenu fixe de sociétés qui exercent des activités principalement liées à l’infrastructure pour investir principalement dans les titres de participation de sociétés partout dans le monde qui versent ou devraient verser des dividendes. Le rendement antérieur à cette date a été obtenu dans le cadre des objectifs précédents.

Le taux de rendement est utilisé uniquement pour illustrer les effets du taux de croissance composé et n’est pas une indication des valeurs futures du fonds commun ou des rendements du capital investi dans le fonds commun.