Du sol au réseau – Repenser l’avenir énergétique mondial

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    La transition énergétique entame une nouvelle phase de croissance et d’investissement, portée par la demande croissante, l’innovation et l’expansion des systèmes mondiaux. Pour les investisseurs et investisseuses, tout comme les conseillers et conseillères, cela crée un ensemble d’occasions puissant dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des matériaux, ce qui rend une répartition réfléchie du capital essentielle pour saisir la valeur à long terme.

    La partie difficile de la transition

    Pendant la plus grande partie de la dernière décennie, la transition énergétique a été présentée comme un passage relativement simple, des combustibles fossiles à l’énergie renouvelable. Mais ce discours ne reflète plus la réalité du système que nous essayons de bâtir. Aujourd’hui, malgré des investissements d’environ 15 000 milliards de dollars1 dans l’énergie propre et les technologies connexes au cours des deux dernières décennies, le système énergétique mondial reste largement tributaire des combustibles fossiles, qui représentent toujours environ 80 % de la consommation énergétique totale.2  

    Parallèlement, de nombreuses technologies propres, comme l’hydrogène et le stockage à long terme, font face à des défis liés à l’échelle, à l’intégration des systèmes et à la compétitivité économique dans certaines applications.

    La demande ne diminue pas, elle augmente

    Après des décennies de croissance relativement stable, la demande mondiale d’électricité devrait désormais croître à un rythme annuel de 3 à 5 %3, stimulée par l’électrification, l’intelligence artificielle, le rapatriement industriel et la croissance de la population. D’ici 2050, la population mondiale devrait avoisiner les 10 milliards de personnes, dont près de 70 % vivront dans des environnements urbains, nécessitant logement, transport, climatisation et infrastructures numériques.4

    La conclusion est claire : la transition ne consiste plus à remplacer un système par un autre. Elle consiste à élargir l’ensemble du système pour répondre à une demande nettement plus élevée.

    De la transition au trilemme

    Ce changement introduit un ensemble de contraintes plus complexe.

    La transition énergétique est de plus en plus façonnée par un « trilemme » de priorités concurrentes : durabilité, sécurité et abordabilité.5 Bien que le climat demeure un moteur essentiel, il n’est plus le seul. Les tensions géopolitiques, les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement et la hausse des coûts jouent un rôle tout aussi déterminant dans l’évolution du système.

    Les événements récents illustrent à quel point ces priorités peuvent rapidement changer. Environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit contesté d’Hormuz, ce qui souligne la fragilité de la logistique énergétique mondiale.6

    En même temps, le désengagement européen du gaz russe a renforcé le constat que la sécurité énergétique peut, à court terme, l’emporter sur les considérations climatiques de long terme.

    Les combustibles fossiles ne disparaissent pas, ils évoluent

    Malgré la croissance des énergies renouvelables, les combustibles fossiles demeurent au cœur du système énergétique mondial. Environ 60 % de la production mondiale d’électricité provient toujours des combustibles fossiles, comparativement à environ 30 % pour les énergies renouvelables et à 10 % pour le nucléaire.7  

    Toutefois, les rôles évoluent.

    Pour réaliser la transition et s’attaquer de manière efficace aux changements climatiques, le capital devra devenir plus sélectif au sein du secteur énergétique traditionnel. À terme, cela implique un plus grand investissement dans des exploitants qui peuvent fournir de l’énergie à moindre coût, avec des émissions moins élevées et une gouvernance plus solide. Cela creusera progressivement un écart au sein du secteur, entre les actifs qui restent concurrentiels dans un monde limité en carbone et ceux qui font face à un déclin structurel.

    Le gaz naturel, par exemple, continue de jouer un rôle crucial en tant que « carburant de transition », tandis que des technologies telles que le captage du carbone prolongent la viabilité des actifs à émissions plus élevées au sein d’un système énergétique plus intégré.

    La contrainte cachée : les minéraux

    Bien que l’attention se concentre toujours en grande partie sur la production d’énergie, l’une des contraintes les plus importantes se trouve plus en amont : les minéraux et les matériaux.

    Les systèmes d’énergie propre nécessitent beaucoup plus de ressources que les systèmes traditionnels. Un véhicule électrique nécessite environ six fois plus de minéraux qu’une voiture conventionnelle, tandis que les infrastructures éoliennes et solaires nécessitent beaucoup plus de matériaux que la production à base d’hydrocarbures.8

    Cela devrait entraîner une forte augmentation de la demande. Par exemple, afin d’atteindre les cibles d’électrification, la production mondiale de cuivre — actuellement d’environ 25 millions de tonnes par an — pourrait devoir doubler pour atteindre 50 millions de tonnes d’ici 2050.9

    Or, l’offre ne maintient pas le rythme. Les projections indiquent déjà un déficit de 10 millions de tonnes de cuivre, soit environ 25 % de moins que la demande prévue.10

    Notes : kg = kilogramme; MW = megawatt. Acier et aluminium non inclus. Voir le chapitre 1 et l’annexe pour de plus amples détails sur les hypothèses et les méthodologies.

    Ce déséquilibre n’est pas cyclique, il est structurel. Il reflète des années de sous-investissement, de longs délais d’exécution des projets et une concentration géopolitique croissante tant dans l’extraction minière que la transformation. Aujourd’hui, des pays comme la Chine dominent non seulement la production, mais aussi la capacité de raffinage, ce qui crée des vulnérabilités supplémentaires dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

    L’abordabilité : une autre contrainte émergente

    À mesure que le système devient plus intensif en capital, l’abordabilité s’impose comme un point de pression critique. La transition nécessite des milliers de milliards de dollars en nouveaux investissements, dans les réseaux, la production, le stockage et les chaînes d’approvisionnement. De plus en plus, ces coûts sont absorbés par les gouvernements et les bilans publics, plutôt que par les utilisateurs finaux. Cela introduit des contraintes budgétaires et soulève des questions sur le coût que les contribuables et les consommateurs peuvent réellement assumer.

    Parallèlement, de nouvelles sources de demande, comme les centres de données propulsés par l’IA, commencent à remodeler les marchés de l’électricité, certains grands utilisateurs obtenant de l’électricité grâce à des ententes privées « derrière le compteur ». Cela crée une structure de tarification plus fragmentée et potentiellement inéquitable au sein des systèmes énergétiques.

    Investir en ayant une perspective plus large sur l’énergie.

    Grâce à notre connaissance approfondie de la chaîne de valeur des ressources et de l’énergie, nous repérons des occasions que d’autres manquent.

    Un nouveau cycle d’investissement

    Pour les investisseurs, ces dynamiques marquent le début d’un nouveau cycle d’investissement.

    L’opportunité ne consiste plus à choisir entre l’ancienne et la nouvelle énergie. Il s’agit plutôt de comprendre comment la valeur est créée dans un système de plus en plus interconnecté, plus restreint et plus intensif en capital.

    Les occasions s’étendent à l’ensemble de l’écosystème énergétique :

    • production de combustibles fossiles
    • minéraux critiques
    • infrastructures et transport
    • électrification et modernisation des réseaux
    • technologies habilitantes 

    En même temps, la volatilité devrait rester élevée, en raison des événements géopolitiques, des contraintes d’approvisionnement et de l’évolution des contextes politiques.

    Le défi déterminant : l’affectation du capital

    En définitive, la transition énergétique n’est pas seulement une histoire d’énergie; c’est une histoire d’affectation du capital.

    Le défi déterminant n’est pas de simplement construire davantage, mais de déployer efficacement le capital dans un système limité par les ressources, les infrastructures et des priorités concurrentes. Le succès dépendra de la capacité à arbitrer entre des compromis, à repérer les goulots d’étranglement structurels et à affecter le capital avec rigueur.

    La voie à suivre n’est pas linéaire. Mais la direction est claire : le système énergétique mondial est en cours de reconstruction, et l’ampleur de cette transformation représente l’une des plus importantes occasions d’investissement des prochaines décennies.

    Mackenzie soutient les occasions d’investissement liées à la construction d’un nouveau système énergétique mondial et compte deux équipes de placement – l’équipe Mackenzie Greenchip et l’équipe des ressources Mackenzie – qui sont directement axées sur cette question. Ces deux équipes comprennent l’importance complémentaire des ressources naturelles et des technologies renouvelables, ce qui permet aux investisseurs et aux investisseuses d’investir directement dans l’avenir de l’énergie, littéralement « du sol au réseau ». 

    References

    1. Greg Payne, Mackenzie Greenchip Team, Bloomberg interview, March 20, 2026
    2. Fossil Fuel Comprised 82% of Global Energy Mix in 2023
    3. Executive summary – Electricity 2026 – Analysis - IEA
    4. World population projected to reach 9.8 billion in 2050, and 11.2 billion in 2100 | United Nations
    5. World Energy Trilemma Index | World Energy Council
    6. Are Higher Energy Prices Here to Stay? - The New York Times
    7. Fossil Fuel Comprised 82% of Global Energy Mix in 2023
    8. Greg Payne, Mackenzie Greenchip Team, Bloomberg interview, March 20, 2026
    9. 'Substantial Shortfall' in Copper Supply Widens as the Race for AI and Growing Defense Spending Add to Accelerating Demand, New S&P Global Study Finds - Jan 8, 2026
    10. 'Substantial Shortfall' in Copper Supply Widens as the Race for AI and Growing Defense Spending Add to Accelerating Demand, New S&P Global Study Finds - Jan 8, 2026

     

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