Commentaire mensuel – Équipe des placements à revenu fixe Mackenzie

Points saillants

  • Au début de 2026, les marchés des titres à revenu fixe sont influencés par un risque élevé lié aux manchettes provenant des États-Unis, du Japon et de l’Europe, mais les récentes fluctuations des prix suggèrent que les marchés se recentrent progressivement sur les paramètres fondamentaux plutôt que sur les distractions purement politiques ou géopolitiques.
  • Les marchés anticipent des réductions du taux directeur aux États-Unis d’environ 50 points de base (pdb) cette année et portent attention au changement potentiel à la direction de la Réserve fédérale américaine (Fed), où la crédibilité de la politique monétaire devrait être jugée par les taux et les primes de risque plutôt que par la rhétorique.
  • L’économie canadienne semble plus faible en raison du recul des indicateurs de marché du travail, des difficultés persistantes dans le secteur du logement et d’un ralentissement de l’inflation de base, ce qui offre à la Banque du Canada une plus grande flexibilité et qui soutient l’argument en faveur de réductions modestes du taux directeur plus tard dans l’année.
  • Les discussions en cours au sujet de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) représentent un risque important pour le Canada, le secteur de l’automobile étant particulièrement exposé en raison de la complexité des chaînes d’approvisionnement et de son importance pour la croissance nationale et pour les conditions du crédit.
  • Notre stratégie reste disciplinée et sélective : nous surpondérons les obligations canadiennes à court terme, nous privilégions toujours les occasions des marchés émergents (notamment en Amérique latine) et nous sous-pondérons l’exposition à long terme aux États-Unis, en misant sur le portage, la diversification et la gestion des risques.

Opinions de l’équipe des placements à revenu fixe

Source : Placements Mackenzie. Au 31 janvier 2026.

Le point sur les marchés des titres à revenu fixe

En ce début 2026, les investisseurs naviguent dans un environnement de marché caractérisé par une incertitude élevée, mais également par des occasions. Les dernières semaines ont été dominées par le risque lié aux manchettes, surtout en provenance des États-Unis, mais aussi du Japon et de l’Europe. Les tensions géopolitiques, les événements du marché de l’énergie et les négociations politiques ont tous contribué à la volatilité du marché. Contrairement à certaines périodes de l’année dernière, les fluctuations récentes des prix ont été plus partagées, reflétant la prudence des investisseurs. Bien que cela puisse sembler déstabilisant, les marchés des titres à revenu fixe commencent à retrouver leurs repères, car l’attention revient progressivement vers les paramètres fondamentaux.

L’évolution des discussions au sujet de la direction de la Fed et du processus de confirmation qui y est lié a été une importante source d’incertitude. Bien que les marchés s’attendent actuellement à des réductions du taux directeur aux États-Unis d’environ 50 pdb au cours de l’année, les investisseurs continuent de miser sur la façon dont un changement potentiel de direction pourrait influencer la fonction de réaction de la Fed. On considère généralement que Kevin Warsh, souvent mentionné dans les discussions sur le marché, s’est davantage concentré sur l’inflation et a été moins enclin à l’expansion du bilan au début de sa carrière. Comme toujours, les marchés jugeront ultimement la crédibilité de la politique monétaire au moyen des taux de coupon et des primes de risque plutôt que par la rhétorique.

À part la Fed, les investisseurs continuent de surveiller les risques juridiques et commerciaux qui pourraient affecter de manière importante l’humeur du marché. De façon particulière, la décision exceptionnelle de la Cour suprême des États-Unis au sujet de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) représente un risque lié aux événements à court terme.

Les taux des bons du Trésor américain à 10 ans ont dépassé la fourchette étroite qui a défini une grande partie de la fin de 2025 et ont brièvement augmenté, ce qui porte à croire que les marchés testent l’équilibre actuel. Nous croyons qu’une partie de l’incertitude extrême observée plus tôt dans l’année pourrait commencer à s’estomper, ce qui permettra aux données économiques de jouer un rôle plus central dans la dynamique des marchés.

Plus près de chez nous, le contexte économique du Canada semble plus terne. Même si les données sur l’emploi qui font les manchettes sont mitigées, les indicateurs sous-jacents signalent un marché de l’emploi plus faible. En même temps, le secteur du logement, un moteur important de la croissance canadienne, continue de faire face à des difficultés, notamment la baisse des prix dans certains segments et une activité globale plus lente. L’inflation au Canada a diminué, en particulier sur les mesures de base que la Banque du Canada surveille de près. Cela donne aux décideurs plus de flexibilité dans l’éventualité où les conditions économiques se détérioreraient davantage. Nous croyons donc que des réductions modestes du taux directeur pourraient être justifiées plus tard cette année, particulièrement dans la première moitié.

Pour les marchés canadiens, la politique commerciale reste particulièrement importante. Les discussions actuelles sur l’avenir de l’ACEUM, et en particulier sur de possibles changements aux règles d’origine, constituent un risque notable. Le secteur de l’automobile y est particulièrement sensible, en raison de sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement complexes et de son importance pour le Canada, particulièrement en Ontario. Des règles d’origine plus strictes, en particulier concernant les composantes provenant de l’extérieur de l’Amérique du Nord, pourraient augmenter les coûts et accroître l’incertitude pour les fabricants, ce qui aurait des répercussions sur la croissance et les conditions de crédit.

Positionnement du Fonds

Dans ce contexte, notre approche reste disciplinée et sélective. Plutôt que de réagir à chaque manchette, nous continuons de miser sur les paramètres fondamentaux : la croissance économique, les tendances de l’inflation et la politique des banques centrales. L’une de nos principales convictions est de maintenir notre surpondération des obligations canadiennes à court terme, telles que les titres gouvernementaux à deux et à cinq ans. Ces segments du marché offrent un équilibre attrayant entre le revenu, la stabilité du capital et un potentiel de hausse si les taux baissent.

Les marchés émergents demeurent une conviction de base. Les occasions en Amérique latine restent attrayantes, soutenues par des facteurs géopolitiques favorables, une dynamique de portage qui s’améliore et un comportement du marché résilient lors des récentes périodes d’aversion pour le risque. L’exposition aux monnaies locales reste concentrée dans des marchés hautement prometteurs, notamment le Brésil, le Mexique et le Chili, le Brésil représentant actuellement la plus forte pondération individuelle des marchés émergents en raison d’un excellent rendement monétaire et de flux d’investisseurs positifs réguliers. Nous avons réduit l’exposition aux bonds mexicains à plus long terme, qui avaient enregistré de bons rendements en termes d’écarts, et nous avons privilégié des instruments à plus court terme et des titres du marché monétaire. Ce repositionnement reflète l’idée que même si les devises des marchés émergents demeurent attrayantes, il est prudent de maintenir le risque de duration arrimé à une position prudente sur les taux américains compte tenu du niveau de corrélation élevé entre les taux mondiaux.

Dans les marchés développés, l’exposition à la duration reste sous-pondérée, surtout dans le segment à long terme de la courbe des taux américaine. Le positionnement sur les taux australiens a été réévalué à la suite des récents changements dans les anticipations du marché et dans les attentes de la banque centrale, tout en maintenant une position prudente quant aux thèmes portant sur une nouvelle accentuation des courbes mondiales. Dans l’ensemble, le positionnement reflète une approche équilibrée axée sur le portage, la diversification et la gestion des risques disciplinée.

Suivi des banques centrales

Région

Dernier taux d’inflation selon l’IPC

Taux directeur

Dernière mesure prise

Date de la prochaine décision

Attentes du marché

Perspective

Canada

2,40 %

2,25 %

Aucun changement

18 mars 2026

Aucun changement

Neutre

États-Unis

2,70 %

3,75 %

Aucun changement

18 mars 2026

Aucun changement

Sous-pondération

Zone euro

1,90 %

2,15 %

Aucun changement

19 mars 2026

Aucun changement

Sous-pondération

Japon

2,10 %

0,75 %

Aucun changement

19 mars 2026

Aucun changement

Sous-pondération

Australie

3,20 %

3,85 %

Hausse de 25 pdb

16 mars 2026

Aucun changement

Surpondération

Rendement du marché des titres de créance

Les prêts à effet de levier américains ont commencé l’année en force avant de nettement reculer à la fin de janvier en raison d’un délestage provoqué par la forte concentration des émetteurs liés aux logiciels et à la technologie (12 %). Dans cette conjoncture, des valorisations élevées, une forte participation des commanditaires et un effet de levier élevé ont rendu le segment vulnérable à un rajustement de l’appétit pour le risque touchant les actions technologiques. Ce rajustement, qui découle de signaux pointant vers une faiblesse des bénéfices et d’un scepticisme croissant quant aux avantages à court terme de l’intelligence artificielle, s’est répercuté sur les marchés des titres de créance. Le rendement dans l’ensemble des notations de crédit des emprunteurs a démontré une nette ruée vers la qualité en janvier. Les prêts notés BB (environ 22 % du marché) ont été les plus résilients et ont terminé le mois sur une note légèrement positive à +6 pdb, les prêts notés B (environ 62 % de l’indice) ont diminué de 39 pdb, tandis que les prêts de qualité inférieure notés CCC ont inscrit des rendements nettement inférieurs, en recul de 1,33 %, car l’aversion pour le risque a augmenté.

En revanche, les obligations à rendement élevé ont inscrit des rendements positifs au cours de la même période, soulignant une divergence claire au sein des titres de créance de moins bonne qualité. La dispersion du rendement dans l’ensemble des secteurs et des catégories de notation demeure élevée, ce qui renforce l’importance de la sélection active des titres. Parmi les obligations à rendement élevé, les meneurs en termes de rendement ont été les titres notés CCC (+0,72 %), suivis de ceux notés BB (+0,58 %) et de ceux notés B (+0,48 %). Sur le plan sectoriel, l’énergie a été le secteur qui a enregistré les meilleurs rendements, suivie des produits chimiques et des télécommunications. En revanche, le papier et l’emballage (-1,76 %) et la technologie (-0,33 %) ont été à la traîne durant le mois.

Dans ce contexte, le portefeuille est demeuré résilient et a enregistré un rendement relatif supérieur. Bien que l’univers des prêts plus large ait diminué au cours du mois, le rendement du portefeuille est demeuré généralement stable, reflétant un positionnement qui privilégiait la qualité du crédit et qui évitait les zones les plus encombrées et les plus vulnérables du marché.

Cette résilience a été principalement due aux titres que le portefeuille ne possédait pas. Au début de la période, le portefeuille sous-pondérait l’exposition aux prêts fortement liés aux logiciels et à la technologie, en particulier auprès d’émetteurs très endettés et détenus par des commanditaires qui ont été les plus exposés à la volatilité récente. De même, nous avons continué de sous-pondérer plusieurs grands titres de l’indice de référence et avons participé de manière sélective à l’activité du marché primaire, en évitant une revalorisation dynamique qui a ensuite subi des pressions.

Indice

Taux

Taux sur 1 mois

Écart

Écart sur 1 mois

Rendement (%)

  

pdb

pdb

pdb

1 mois

3 mois

DDA

1 an

Titres de bonne qualité

        

Canada

3,91 %

-10

83

-6

0,9

0,5

0,9

4,2

États-Unis

4,89 %

1

75

-4

0,4

0,7

0,4

7,5

Titres à rendement élevé

 

 

 

 

 

 

 

 

Canada

6,62 %

-1

249

6

0,4

1,5

0,4

7,1

États-Unis

7,11 %

3

288

7

0,5

1,6

0,5

7,5

Prêts leviers américains

8,0 %

17

417

23

 -0,3

0,7

-0,3

4,9

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